Et maintenant, que vais-je faire ?

Le jardin, endormi, se prépare doucement à son grand réveil. Perce-neige et premiers crocus pointent déjà le bout de leur nez. C’est le moment de ranger et nettoyer les outils
Au jardin d'Audley

Bien au chaud, au coin du feu, la lecture des catalogues et magazines fait toujours rêver. Les encyclopédies et manuels pratiques affichent de belles résolutions : une taille en transparence, la plantation de couvre-sol, le renouvellement d’une haie, la création d’un petit potager ou d’un coin d’herbes aromatiques. Mais revenons les pieds sur terre. Commençons l’année jardinière par la remise en ordre des outils. Bien entretenus, ils vous accompagneront pendant toute la vie. Nul besoin d’être bricoleur averti pour entreprendre la révision du matériel. Il suffit d’abord de le passer en revue pour en contrôler l’état général, le décrasser si cela n’a pas encore été fait, le brosser, le désinfecter pour éviter la propagation des maladies et éventuellement le réparer avant de le ranger prêt à l’emploi, à l’abri de l’humidité, pour éviter notamment la rouille sur les lames. En d’autres mots, l’entretenir pour lui assurer longévité et efficacité. A nos bêche, fourche-bêche, binette, transplantoir, râteau, brouette, égoïne la petite scie à main, cisaille, ébrancheur ou sécateur.

Outils de coupe

Oui, les outils de taille, cisaille, ébrancheur et sécateur ont besoin de vos soins. La sève des plantes produit régulièrement un dépôt collant qui rend la coupe plus difficile. Passons donc un tampon imbibé d’alcool à 90° ou d’alcool à brûler sur les lames. Notons que pour les tailles in situ, les tampons préemballés imbibés d’alcool et vendus en pharmacie, sont pratiques et faciles à utiliser ; ils sont toujours sous la main pour éliminer entre les coupes, maladies, virus et bactéries.

Puis, affûtons les lame et contre-lame à l’aide d’une meule ou plus simplement d’une pierre à aiguiser. N’aiguisons que la lame qui est en mouvement et respectons bien l’angle donné. Si l’ouverture du sécateur n’est pas très large, il est alors plus facile d’agir en démontant la lame. Même constat, si elle est trop endommagée et s’il faut la remplacer, ce qui est toujours réalisable avec un sécateur de qualité.

Enlevons les poussières sur les rouages à l’aide d’une petite brosse et vérifions la tension du ressort. Enfin examinons la vis de serrage de la lame sur la contre-lame et jouons en serrant ou desserrant avec la clé ad hoc. Pour vérifier si le sécateur est performant, prenons une feuille de papier et coupons-la. Elle ne doit pas glisser entre les deux lames.

Une dernière chose. Ne pas oublier de graisser l’axe et le ressort. Un sécateur doit en effet s’ouvrir et se fermer sans blocage. Le plus facile est de le manier tout en versant quelques gouttes d’huile sur les parties articulées.

Le coticule, la pierre à aiguiser ardennaise

Des pierres à aiguiser, vous en connaissez certainement mais le coticule, cela vous dit quelque chose ? Cocorico, c’est du belge ! La pierre de Vielsalm, produite plus précisément dans une carrière à Lierneux, appelée ‘Coticule’ ou « bloc belge » est une pierre à aiguiser naturelle vraiment exceptionnelle. Issue d’une roche sédimentaire formée depuis des centaines de millions d’années, elle est constituée de cendres volcaniques et d’argile contenant des grenats, – les particules abrasives -, et se présente en fines veines verticales, insérées entre de larges couches de schiste. Chaque pierre est unique, produite de manière entièrement artisanale. Recherchée notamment pour la finesse de son pouvoir abrasif, elle est appréciée par tous les amateurs de qualité. Rien de tel pour aiguiser les lames d’un sécateur.

Ardennes coticule, Petit Sart 38c à 4990 Lierneux : www.ardennes-coticule.be

Pour le travail au sol

Brossons aussi les parties métalliques des outils à manche, tels les râteaux, bêches, fourches-bêches, binettes, houes et autres crocs pour enlever la terre qui y serait collée. Avant de briquer les fers, il est parfois nécessaire de limer leur tranchant émoussé et de les affûter. Puis couvrons-les de graisse épaisse ou passons une couche d’huile de lin à l’aide d’un chiffon ou d’un pinceau. Elle les protégera contre la rouille.

Contrôlons les manches. S’ils sont en bois, il est utile d’abord de poncer légèrement ceux qui sont rugueux avec un papier de verre très fin puis les lustrer à l’huile de lin ou à la glycérine à l’aide d’un chiffon. Les manches abîmés, usés ou fendus sont remplacés, tout comme le clou ou la vis de fixation qui, battant de l’aile, ne maintiendrait plus la tête de l’outil.

Accessoires

Et pourquoi pas un brin de nettoyage sur les tuteurs métalliques, en bois ou en bambou, les pots et jardinières inutilisés, en plastique ou en terre cuite ou les terrines de semis en polystyrène susceptibles d’une année à l’autre, d’abriter maladies et parasites. Enlevons le plus gros de la terre puis lavons-les au savon noir. Si c’est nécessaire, désinfectons-les avec un chiffon imbibé à l’alcool à 90°.

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