Que découvrir au rayon des raretés, nouveautés, ou simplement des bonnes plantes ?
Comospermum yedoense

Dans la pépinière française (nord de la France) de Sandrine et Thierry Delabroye ou dans la néerlandaise De Hessenhof, il y a toujours des tas de découvertes à faire. En mai, dans le stand des Delabroye, une plante assez confidentielle a pourtant retenu mon attention. Je l’avais déjà photographiée lors d’une visite au Hessenhof. Certains diraient une graminée parmi d’autres, d’autres oseraient le nom de Liriope ou encore d’Ophiopogon. Comospermum yedoense appelé également Alecturus yedoensis var. platypetala lui ressemble même si en y regardant de plus près, le feuillage est plus fin, moins brillant et les fleurs plus grandes.
Originaire du Japon, de la famille des Asparagacées, c’est la seule espèce du genre. Elle pousse à mi-ombre dans un sol humide et bien drainé. Son feuillage brillant vert foncé est semi-persistant, jusqu’aux premières gelées ; ses petites panicules de fleurs en étoiles blanches apparaissent sur des boutons rosés et sont suivies par des graines noires. Facile à cultiver, c’est un bon couvre-sol de 15/20 cm de haut qui mériterait d’être plus connu.

Petite digression… Les Liriope et Ophiopogon lui ressemblent. Le Liriope se révèle à la fin de l’été, parsemé d’épis bleus lilas qui font penser aux Muscari ; raison pour laquelle, on l’appelle Liriope muscari. Particulièrement intéressant à mi-ombre pour sa floraison automnale, il l’est aussi pour son feuillage persistant et sa facilité de culture. Une vraie plante sans entretien qui peut former un joli couvre-sol. L’Ophiopogon a le même look, un feuillage persistant mais… la floraison en moins. Indestructible à l’ombre, tout terrain, même dans les sols très secs, il se développe en tapis dense comme si c’était du gazon. O. japonicus au feuillage vert foncé, a une très discrète floraison estivale blanche proche du muguet et suivie de petites perles bleues. Il mérite certainement une meilleure place dans les endroits d’ombre sèche si délicats. O. planiscapus ‘Nigrescens’ est carrément insolite, tant son feuillage est plus noir que noir. Souvent utilisé par les architectes paysagistes, il est le roi des contrastes surtout lorsqu’il est associé aux feuillages dorés. La floraison rosée est vraiment insignifiante et ne vaut pas la peine qu’on s’y attarde.






Pépinière Delabroye : www.les-vivaces-de-sandrine-et-thierry.fr
Pépinière De Hessenhof : www.hessenhof.nl
Menziesia ciliicalyx ‘Ylva’

Parfois en lisant les étiquettes des plantes, on tombe sur de parfaites inconnues. Menziesia ciliicalyx ‘Ylva’ m’a interpellée dans le stand de la Pépinière Le Try. Un petit look d’Enkianthus campanulatus que j’avais dans mon jardin il y a plus de 20 ans. Apparemment, faisant partie de la grande famille des rhododendrons, il serait renommé aujourd’hui, Rhododendron ciliicalyx ‘Ylva’ ou R. multiflora ou benhallii ‘Ylva’. Qu’importe. D’origine asiatique, – encore un -, c’est un petit arbuste caduc de terre de bruyère, assez large, environ 80 cm à 1m20, bien rustique qui apprécie les sols acides, riches en humus, frais, humides et une exposition mi-ombragée car il pourrait souffrir des rayons trop chauds du soleil.
Son feuillage vert vif devient rouge-orangé à l’automne ; il est rehaussé en mai, juin, par d’abondantes grappes de petites fleurs en clochettes, véritablement des urnes, blanc saumon légèrement rosé. ‘Ylva’ est sans doute le plus courant, toute proportion gardée. La variété ‘Honshu blue’ a un étonnant feuillage bleu. Avec un peu de chance, on peut dénicher aussi ‘Pink Icicles’, ‘Plum Drops’ ou ‘Shepherd’s Delight’.

Petite digression… L’Enkianthus ou andromède qui lui ressemble est lui aussi, plutôt rare dans les jardins. De la famille des Ericacées, il est originaire d’Asie orientale. Bien reconnaissable en mai juin, avec l’apparition de ses grappes pendantes de fleurs campanulées, blanches, roses ou crème, veinées de rose ou de rouge, qui font également penser à celles des Pieris, les andromèdes du Japon. A l’automne, son feuillage caduc vire de l’orange au pourpre. Acidophile, il accompagne les rhodo, azalées et érables japonais. L’entretien est minime. Il suffit d’enlever le bois mort ; la taille n’est pas nécessaire car poussant lentement mais sûrement, il reste compact. La principale espèce est Enkianthus campanulatus mais il existe aussi l’E. perulatus ou E. cernuus f. rubens. Certaines variétés offrent de charmantes nuances de couleurs de fleurs vers le blanc nacré ou le rose.





Pépinière Le Try : www.letry.be
Pterostyrax corymbosa

Ayant perdu quelques arbres avec les périodes de sécheresse successives, mon regard se tourne à présent vers des arbres de petite taille ou des buissons de grande taille qui pourraient, sans devenir immenses, cacher le voisinage. J’ai cherché mon bonheur dans la famille des Styracacées, une famille d’arbres à fleurs peu présente dans nos jardins. J’avais déjà introduit un Styrax japonicus ‘June Snow’ à la forme fastigiée, – 3m de haut sur 1 de large -, et cette fois, j’ai trouvé dans le stand de la Pépinière Cambium, un Pterostyrax corymbosa que l’on repère parfois sous P. corymbosus ou Halesia corymbosa. Originaire d’Asie, il est généralement réservé, sans raison, aux jardins botaniques. Pourtant bien rustique, il mérite tous les honneurs. Appréciant les situations ensoleillées ou mi-ombragées, les sols frais, humifères à tendance acide, il présente en mai-juin des grappes pendantes de fleurs parfumées, blanc pur, suivies de petites drupes sèches. A l’automne, les grandes feuilles ovales virent au jaune, ce qui pour moi est toujours un plus. La silhouette est aérée, 3 à 5 m de haut pour 2 m de large. On le trouve parfois à multi-troncs, ce qui est encore une qualité supplémentaire.



Petite digression… L’autre espèce Pterostyrax hispida, qui est moins confidentielle, peut atteindre 10 m de haut ; c’est la grande différence. Ses fleurs sont également un peu plus grandes et un peu plus tardives.

Pépinière Cambium : www.pepinierecambium.com
Pimpinella


De la famille des Apiacées, auparavant Ombellifères, appelée boucage ou pimpinelle car sa racine aurait un goût poivré, la Pimpinella, originaire d’Europe de l’Ouest, Caucase et Géorgie, compte diverses espèces accommodantes, bien adaptées à notre climat. Toutes plus gracieuses les unes que les autres. La plus connue est sans doute Pimpinella major, le grand boucage, magnifique plante vivace qui apporte légèreté et naturel dans les compositions. La variété ‘Rosea’ fait d’ailleurs fureur parmi les amateurs de charme discret. Son feuillage est fin comme celui d’une fougère et ses ombelles de petites fleurs étoilées rose pâle apparaissent en début d’été. Facile de culture, d’une hauteur d’environ 50 cm, elle prospère dans un sol frais, au soleil ou à mi-ombre.

Pimpinella tripartita est un peu différente. Ses feuilles sont arrondies, lobées et dentelées ; ses tiges filiformes et ses ombelles aériennes. A environ 80 cm voire 1 m de haut, les fleurs blanches visitées par les butineurs, apparaissent à deux reprises, en mai et en septembre. Se ressemant facilement, elle est vraiment idéale pour la naturalisation. Nous l’avons découverte dans le coin réservé aux ombellifères, chez Thierry et Sandrine Delabroye aux Jardins d’Aywiers.
Pimpinella anisum est une annuelle. Ses fleurs estivales en ombelles blanches sont suivies de fruits anisés qui parfument pains, gâteaux ou confitures. Pimpinella saxifraga ou petit boucage à la floraison blanche, s’élève à 30, 40 cm de haut ; on la repère entre juin et septembre, dans les prairies sèches ou pelouses à tendance calcaire.
Petite digression… A ne pas confondre avec la pimprenelle … appelée sanguisorbe ou Sanguisorba appartenant à la famille des Rosacées, qui elle aussi, est une beauté au naturel et une des pièces maîtresses des compositions naturalistes actuelles. Au soleil, en compagnie des graminées, elle a le bon ton de se ressemer pour former des colonies. Ses épis plus ou moins allongés, – petits pompons ou écouvillons -, blancs, roses, pourpre ou rouge foncé selon espèces, se balancent au gré du vent au-dessus d’un feuillage découpé comme une fougère. Cette plante vivace rhizomateuse a de l’avenir. Rustique, solide à toutes épreuves, durable, peu exigeante quant à la nature du sol, elle fleurit longtemps, parfois de juin à octobre. Elle occupe sa place sans gêner les voisines qu’elles dominent et sans se coucher sauf peut-être les géantes de près de 2 m qui auraient besoin d’un tuteur.



Quelques espèces américaines ou japonaises sont intéressantes et à suivre. Sanguisorba minor quant à elle, trouve tout naturellement sa place au potager. Son feuillage denté est aromatique, un goût de concombre ou de noix verte. Parfaitement rustique, je l’utilise toute l’année dans les salades.
Pépinière Delabroye : www.les-vivaces-de-sandrine-et-thierry.fr
