L’été se termine. Pour beaucoup, il était une parenthèse dans les différentes périodes de sécheresse des dernières années. Il a rimé avec limaces, herbes « mauvaises » ou autre liseron… les papillons s’en sont allés mais les pois de senteur ont rarement été aussi généreux. Au début de l’automne, les beaux jours sont devant nous.
Nouveau jardin de la Maison Rubens

C’est parti !
Ce vendredi 30 août, les portes du nouveau jardin de la Maison Rubens nichée au cœur d’Anvers ouvre ses portes après presque deux ans de travaux ! Peter Paul Rubens l’a créé il y a plus de 400 ans ; aujourd’hui il fait peau neuve dans une composition résolument contemporaine, tout en respectant l’ambiance et les décors d’autrefois tel le fameux portique à l’italienne ou l’élégant pavillon.

Le résultat est magique. Un paradis, loin de la ville trépidante, que l’on aperçoit à travers la façade de verre du tout nouveau bâtiment d’accueil conçu par les architectes Robbrecht et Daem. Sur base d’un plan formel dessiné par Jan Bleys du Bureau d’étude Ars Horti, l’axe et les perspectives du jardin sont rétablis. Pour adoucir les lignes, une foule d’arbres, arbustes, plantes vivaces, légumes et petits fruits sont choisis avec soin. Un total de 17.500 plantes, bien connues du maître ou sélectionnées pour perpétuer l’esprit du XVIIe. Les couleurs douces, les parfums ou le bruissement de l’eau nous emmènent ailleurs. Le temps semble s’arrêter. Les décors recréés sur base des recherches de Klara Alen, conservatrice de la Rubenshuis, sont à la fois beaux et raffinés : pergolas ou tonnelles pour accueillir les grimpantes, treillages, bassin, vases en marbre, pots en terre cuite ou en bois pour la collection d’agrumes et des sièges design pour se reposer et humer l’air du temps.



A découvrir ainsi que la nouvelle bibliothèque et la « Rubens Expérience » avec vidéos animées et outils interactifs Maison Rubens, Hopland 13 à 2000 Anvers

Pour en savoir plus : lire mes articles dans Eden magazine printemps 2024 n°77 et automne n°78 à paraître incessamment sous peu : www.edenmagazine.be
Papillons en détresse

Oui, vous l’avez sans doute remarqué, les papillons se font rares dans nos jardins. Le grand recensement de juillet effectué par Natagora est sans appel : une faible abondance des populations, à l’exception des espèces de prairie. A qui la faute ? Certainement aux conditions météos instables et aux sécheresses à répétition. Depuis 2020, celles-ci ont limité le développement des plantes hôtes des chenilles alors que ce printemps et début d’été horribilis, pluvieux et frais n’a pas réussi à inverser la tendance mais plutôt à anéantir quelques espèces, autant printanières qu’estivales. Les papillons les plus touchés sont les piérides – on ne l’aurait pas cru vu l’état de nos buis – et l’azuré commun, alors que le vulcain et le paon du jour semblent résister grâce aux nombreuses orties qui nourrissent les chenilles.
Face à ce triste constat, Natagora réagit et compte en 2025 promouvoir deux outils performants :
- La plateforme naturaliste : https://observations.be, portail réunissant un réseau d’observateurs
- Et l’application Obsidentify, outil redoutable de reconnaissance


Si vous ne les connaissez pas encore, vous verrez qu’elles sont exceptionnelles et poussent chacun à s’intéresser à la protection de la biodiversité, plus particulièrement aux papillons.
Consultez aussi www.natagora.be à l’origine du recensement. Natagora possède notamment plus de 6.000 ha de réserves naturelles dans l’espace Wallonie-Bruxelles.


Cela dit, en Flandre, la situation est pareille. Natuurpunt estime qu’en plus des conditions météos défavorables, il y a le morcellement des réserves naturelles et l’excès d’azote nuisible à certaines plantes hôtes comme les marguerites, cardamines des prés ou lychnis.
Médaille d’or au jardin botanique de Meise

Le 13 août dernier, un nouveau record du monde est battu à Meise par le plus grand arum titan en fleurs jamais enregistré aux quatre coins de la planète. Retenez votre souffle : un tubercule de 112 kg pour une hauteur de 3,21m… phénoménal, un monstre, de quoi faire entrer le jardin botanique dans le Guiness des records et dépasser le précédent d’une quinzaine de cm.
Originaire des forêts tropicales humides, la floraison d’un arum titan, appelé aussi phallus de titan, est brève, de 48 à 72 heures. Son parfum nauséabond voire pestilentiel, un mélange de cadavre en décomposition pour les uns ou de poisson pourri pour les autres, attire les mouches pollinisatrices tout en ne décourageant pas la foule de curieux. Il est vrai que c’est une rareté qui dépend de conditions particulières de température, humidité et de l’expérience de jardiniers spécialisés. Celui-ci a été semé en 2005 au Jardin botanique de Gand et introduit en 2014 à Meise, qui les cultive et les entretient avec brio. Depuis une première floraison en 2008, les jardiniers ont déjà assuré 20 floraisons et offert 40 plantes à 11 jardins botaniques européens. Aujourd’hui, au sein de leurs collections, ils chouchoutent 5 spécimens adultes en excellente santé.

J’en profite pour tirer le chapeau bas au jardin botanique, qui dans son nouvel espace, l’Arche Verte, développe de précieux programmes de recherche et de sauvegarde des espèces menacées d’extinction dans leur milieu d’origine. Un acteur incontournable à la réputation internationale.
Au fil des saisons

Après la trêve de l’été, c’est reparti pour les fêtes des plantes. A l’agenda quelques incontournables :
- Hex Outdoor Garden Festival au château d’Hex, les 7 et 8 septembre de 10 à 18h. www.hex.be
- Fêtes des plantes de La Feuillerie à Celles, les 21 et 22 septembre de 10 à 18h, www.lafeuillerie.be
- Fête des plantes du Château de Saint-Jean de Beauregard, les 27,28 et 29 septembres de 10 à 18H, www.chateaudesaintjeandebeauregard.com
Notez aussi les portes ouvertes de pépinières comme celles de la sympathique Vlindertuin où graminées et papillons sont rois, les 14 et 15 septembre de 10 à 18h, www.kwekerijdevlindertuin.be

Pour d’autres bons plans, rendez-vous : www.fwhnet.be/au-fil-des-saisons
