
Cela dit, en passant au bord du pré fleuri, je ne peux m’empêcher de m’arrêter devant cette délicate ornithogale appelée étoile de Bethléem. Tout un programme. Ornithogalum ponticum ‘Sochi’ originaire de Crimée et de Russie,- clin d’œil à la ville balnéaire de Sotchi au bord de la Mer Noire -, est un bulbe de 80/90 cm de haut qui épanouit progressivement, tout au long de son épi, de nombreuses petites étoiles blanches. J’apprécie spécialement sa silhouette légère qui remplace avec grande élégance les Camassia leichtlinii ‘Alba’ qui ont tiré leur révérence il y a quelques semaines. A ne pas confondre avec sa cousine plus connue, Ornithogalum umbellatum, la « belle de onze heures », dénommée aussi étoile de Bethléem pour embrouiller les esprits, qui fleurit plus tôt et moins haut.



POWO…
Cela vous dit quelque chose ?
Non pas les pow-wow qui rassemblaient les tribus indiennes d’Amérique ou encore le quatuor français de chanteurs a cappella connu dans le monde entier grâce à son célèbre « le lion est mort ce soir » … Vous n’y êtes pas. POWO, Plants of the Word Online, est un site web international et collaboratif, créé en 2017 par les Kew gardens, les Jardins Botaniques Royaux de Kew à Londres. Il est à l’origine d’une base de données qui fournit les noms des plantes de la flore mondiale. Sachant que la taxonomie et les noms des espèces végétales ne sont pas immuables, – les changements de nom, d’auteur, de genre étant fréquents -, il semble vraiment utile de pouvoir se référer à un programme mis à jour, qui s’adapte aux reclassements les plus récents, fruits de la réflexion scientifique actuelle. Vous avez sans doute en tête le changement de nom de l’arbre pagode, Sophora japonica devenu Styphnolobium japonicum, celui de l’aster de nos grands-mères, devenu sans crier gare, un Symphyotrichum ou encore la famille des Ombellifères devenue celle des Apiacées…



Quelques détails de classification accompagnent chaque portrait de plante. Les noms de famille, du genre et de l’espèce et les différents noms communs attribués, mais également des cartes de répartition et les aires de distribution, que la plante soit indigène ou pas. Quelques photos facilitent l’identification. Grâce à cette description précise de la silhouette, des feuilles, fleurs et fruits sans oublier les utilisations en cuisine, pharmacopée ou matériau, les jardiniers du monde entier ont une chance de se comprendre et d’échanger sans s’embrouiller.

Voici l’une des ressources les plus complètes et pertinentes.
La prolifération, une curiosité botanique

En nettoyant ses roses fanées, une amie découvre une bizarrerie : l’une d’elle, dont les pétales extérieurs sont tombés, laisse entrevoir en son cœur, 5 mini-roses. C’est la première fois qu’elle constate cette anomalie sur ce rosier planté il y a 5 ans.
Le tam-tam se met en route. L’I.A nous met sur la piste. Elle nous parle de la tératologie, une discipline de la botanique qui observe les déformations anormales des plantes, notamment les phénomènes dus à un dérèglement cellulaire. Dans cette hypothèse, la fleur épanouie et ses cellules se multiplient si rapidement, qu’elles se divisent sans cesse, en produisant un ou plusieurs petits boutons floraux supplémentaires dans le cœur de la rose.
Je demande l’avis de différents spécialistes. Antje des Pépinières Lens Roses me répond :
« Il s’agit très d’un phénomène de prolifération chez le rosier.
La prolifération est une anomalie de croissance où de petits boutons déformés, voire de nouvelles mini-fleurs, se développent à l’intérieur de la fleur. Ce phénomène est généralement lié à une perturbation au niveau du bouton floral, souvent provoquée par des conditions extérieures comme un fort rayonnement UV ou des variations brusques de température. Il s’agit avant tout d’un phénomène esthétique, sans conséquence pour la santé générale de votre rosier. »
Evidemment avec la température des derniers jours, on peut aisément comprendre …
Un vif merci à Lens Roses : www.lens-roses.com
La fasciation


En restant dans le sujet des curiosités végétales, je ne peux m’empêcher d’évoquer les fasciations aussi étranges que spectaculaires. Ceux qui cultivent des Veronicatrum, grandes vivaces d’été aux longs épis aériens, notamment Veronicastrum virginicum ‘Fascination’ aux fleurs roses, un grand classique, ont certainement déjà découvert des tiges ou fleurs complètement aplaties.
C’est en réalité, une croissance anormale de la plante, sans danger, qui provoque des déformations sur les tiges, les fleurs ou même les fruits et les racines. On dit « fasciation » en forme de faisceau ou « cristation » en forme de crête. Ce phénomène est sans doute dû à un dérèglement cellulaire, une modification aléatoire de l’ADN, qui parfois est induite spécialement par les pépiniéristes qui espèrent obtenir une curiosité végétale comme chez de nombreux cactus ou chez la fougère Dryopteris affinis ‘Cristata’. Il peut être aussi le résultat de conditions extérieures extrêmes et stressantes, tant climatiques que bactériennes ou de la pollution de l’environnement. Mais n’exagérons pas, inutile de parler vraiment de monstruosité végétale !
Outre les cactus et les véroniques, d’autres végétaux y sont sensibles : les saules, forsythias, certaines fougères, digitales, pâquerettes ou vipérines …

Au fil des saisons
Cet été, allons découvrir d’autres jardins. Ceux de l’asbl Jardins Ouverts, mais aussi de Nature & Progrès, de l’asbl jardins en Pays de Liège ou de l’asbl Au fil des Jardins… De belles balades et d’intéressants partages en perspective. J’ai pointé à l’agenda deux évènements :
- Le 12 juillet : Hortensias en fête à La Feuillerie à Celles avec visite du jardin et vente de plantes par 3 pépiniéristes spécialisés. Également, la découverte d’un autre jardin, Les Sentes de l’Hydrangée à Flobecq www.lafeuillerie.be
- Le 19 juillet et le 16 août : portes ouvertes au nouvel arboretum de Marche et découverte de ce nouveau lieu d’exception www.arboretumdemarche.be
Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site de l’agenda. N’hésitez pas à vous abonner à l’infolettre : www.fwhnet.be/au-fil-des-saisons
