News mars 2026

Pendant cette semaine de fin février où les températures se sont envolées, cela bourdonnait ferme au jardin. Les petits Crocus tommasinianus, des crocus botaniques faciles à cultiver, étaient au rendez-vous avec leurs fleurs étoilées s'ouvrant délicatement pour laisser apparaître d'éclatantes étamines orange. Un enchantement !

Les secrets des arbres d’Alain Baraton

Le 9 février dernier, Alain Baraton surnommé le « jardinier du château de Versailles », jardinier en chef du domaine national de Trianon et du parc de Versailles, gestionnaire du domaine national de Marly-le-Roi, auteur et conférencier donnait une conférence à la tribune des Grandes Conférences Catholiques, au Palais des Beaux-arts de Bruxelles. Devant une salle comble, il nous a partagé son enthousiasme et son amour des arbres, ceux qui nous enseignent la patience, la sagesse, l’éternité voire l’immortalité. Certains ont marqué les esprits comme le fameux Cyprès de Perse.

Cyprès d’Abarkuh

Ce cyprès colossal est une monument naturel national. Un ancêtre respectable et respecté vieux de 4500 à 5000 ans. Situé près de la ville de Yazd, sur la route vers Shiraz ce Cupressus sempervirens est un des êtres vivants les plus anciens de la planète et en tous cas le plus ancien d’Iran. Selon la légende, il aurait été planté par le prophète Zoroastre.

Même s’il n’atteint ni la taille ni la hauteur des séquoias géants de Californie, cette merveille de 25 m de haut, exhibe un tronc de 11,50 m de diamètre. En réalité, il est à multi troncs, ce qui renforce son caractère imposant. Les raisons de sa longévité dans un paysage pourtant si aride sont certainement des conditions naturelles favorables : ses racines sont protégées du piétinement par une haie qui tient les visiteurs à distance et surtout plongent dans un qanât, un conduit souterrain qui amène l’eau depuis les montagnes.

Emouvant, dominant de très haut un petit installé à ses côtés … au cas où … ; il est un témoin vivant de la culture persane. Les poètes, les peintres et les sculpteurs, – déjà à Persépolis -, le représentent comme un symbole de résilience, d’immortalité, un axe d’éternité autour duquel tourne le monde. Voir l’article « Et si le jardin d’Eden était en Perse ? https://nouvellesdejardins.be/visites/ailleurs/et-si-le-jardin-deden-etait-en-perse/

« Là où il n’y a pas d’arbre, il n’y a pas de vie », Alain Baraton.

La timidité des arbres, un mystère non-élucidé

Les arbres seraient-ils timides ? Devant un public plutôt ébahi, Alain Baraton pose sérieusement la question. Il reprend l’idée du célèbre botaniste français, Francis Hallé, décédé il y a quelques semaines, qui parle d’un phénomène étonnant appelé la « timidité des arbres » ou « crown shyness ». En d’autres mots, lorsqu’on lève les yeux au ciel vers la cime des arbres, on peut parfois apercevoir leurs frondaisons qui ne se touchent pas, pour laisser apparaître entre les feuillages, un espace vide, comme une ligne plus ou moins régulière d’environ 10 à 50 cm… appelée fente de timidité.

Ce comportement « respectueux » offert par une centaine d’espèces environ, notamment dans les mangroves ou en Europe chez les chênes verts et les pins parasols, pose question aux scientifiques qui ne trouvent pas de réponses satisfaisantes : est-il destiné à faire entrer la lumière, à éviter que les branches ne s’abîment par frottement ou à éviter que les maladies ne se propagent ? Francis Hallé y voit une vraie forme de solidarité entre différents individus. Solidarité des couronnes souvent doublée par celle des racines. Pour lui, il est évident que les arbres communiquent entre eux et partagent de précieuses informations, en échangeant des substances chimiques ou des nutriments, pour se prémunir d’un danger ou tout simplement pour leur survie. Le biologiste italien Stefano Mancuso, fondateur de la neurobiologie végétale et auteur avec Alessandra Viola de L’intelligence des plantes aux Editions Albin Michel 2018, en est également convaincu. Si les plantes sont dépourvues de cerveau, elles n’en possèdent pas moins des sens. A creuser !      

Webinaire hommage à Francis Hallé

Depuis la disparition de ce botaniste à la renommée mondiale, reconnu pour ces travaux scientifiques consacrés aux arbres et aux plantes en général, les hommages sont légion. ( Voyez notamment ma Newsletter de janvier 2026 https://nouvellesdejardins.be/news/news-janvier-2026/ ).

Le 12 mars prochain de 17 à 18h, la Fondation UVED, active dans le domaine de l’environnement, vous convie à un webinaire dédié à son parcours et à son héritage. Il sera notamment animé par le biologiste Marc-André Selosse, la professeure Catherine Lenne et un représentant de l’Association Francis Hallé pour la Forêt Primaire.

www.uved.fr

L’agenda Au fil des saisons

Voici bientôt le printemps et des rendez-vous à ne pas manquer !

Deux évènements me tiennent spécialement à cœur :

  • Du 1er mars au 4 avril : pour les amoureux des Camellia, une visite s’impose chez Coquette à Rhode-Saint-Genèse pour découvrir leur collection de Camellia rustiques Garden Center Coquette www.coquette.be
Camellia ‘Leonard Messel’
  • Dimanche 8 mars de 10h à 17h : la visite du jardin magnifique de la Fondation Kreftenbroeck, couplée à une expo-vente exceptionnelle de végétaux de la Pépinière Delabroye, notamment leur propre sélection d’hellébores                                                                                                    Fondation Kreftenbroeck, avenue de la Libération 77 à 1640 Rhode-Saint-Genèse catherineduroy@gmail.com et www.les-vivaces-de-sandrine-et-thierry.fr

Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site de l’agenda : www.fwhnet.be/au-fil-des-saisons

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