
« Paradise lost ? » 200 ans de réflexion sur la nature et l’architecture
Jusqu’au 25 octobre, le Jardin Botanique de Meise nous offre une balade inédite dans le temps, à la découverte des expéditions botaniques et de la révolution industrielle marquée par l’avènement du verre et de la fonte. Avec elles, la naissance d’un style architectural novateur et la construction de véritables cathédrales de verre dans le but de protéger et d’acclimater les végétaux exotiques. En Belgique, l’architecte Alphonse Balat est incontournable ; les serres de Laeken sont un joyau tout droit sorti de son imagination et de son savoir-faire ; elles sont le fil rouge de l’exposition.

Dans l’exposition « Paradise lost », on nous présente d’abord, sur base d’archives internationales, le contexte historique de ce merveilleux patrimoine, puis on découvre le lien entre ces fameuses serres du XIXe et trois grands artistes, François Schuiten, Hans Soenen et Piet Bekaert, tous fascinés et inspirés par ces monuments de verre et d’acier.




Le troisième volet de l’exposition nous montre le regard d’architectes et de paysagistes contemporains, sur le lien entre le vivant et l’architecture. Par exemple, le projet de campus des architectes Robbrecht et Daem, dédié aux collections et à la recherche scientifique du Jardin botanique ou celui de Bas Smets qui, à la Biennale de Venise, présentait avec Stefano Mancuso, fondateur de la neurobiologie végétale, « Building Biospheres », une installation marquant l’impact de l’intelligence végétale sur l’architecture et les microclimats.
Le paradis est-il perdu ? Ou est-il plutôt simplement réinventé …

Pourquoi ne pas combiner la visite de l’expo avec une balade dans les jardins de Meise et surtout avec la visite de la petite serre Balat, une des plus anciennes du pays, qui en 1854, était créée pour abriter le nénuphar géant, Victoria amazonica, dans le parc Léopold à Bruxelles, avant d’être déménagée à deux reprises et aboutir ici au jardin de Cronquist. Un trésor devenu le logo du Jardin botanique de Meise.

Rendez-vous pour l’expo à l’Arche Verte du Jardin Botanique de Meise de 10 à 18h
Parallèlement à l’expo de Meise, la galerie Art and Design Productions de Courtrai présente l’expo « Inspired by – Alphonse Balat ». Elle rassemble une sélection unique de 35 œuvres réalisées par François Schuiten, Hans Soenen et Piet Bekaert sur le thème des serres royales de Laeken. A découvrir jusqu’au 8 novembre, rue des Vignes 23 à 8500 Courtrai.

Les 50 ans du jardin de la Petite Rochelle

Ce magnifique jardin situé à Rémalard au cœur du Perche a été créé il y a 50 ans par Hélène d’Andlau avec l’aide de son oncle, Peter Wolkonsky, créateur du jardin de Kerdalo. Dans une série de dix jardins aux ambiances différentes, des collections botaniques hors pair se côtoient et lui ont valu d’être labellisé « Gardien du Patrimoine Végétal Vivant » par le CCVS, Conservatoire des Collections Végétales Spécialisées. Des Cornus florida et nuttallii d’Amérique mais aussi les Cornus capitata, kousa et hongkongensis d’Asie et des espèces méconnues ou rares comme le fameux Emmenopterys henryi à la floraison aléatoire. Comme à Kalmthout, cet arbre rare des forêts de Chine introduit en Europe au début du XXe siècle, a fleuri à quelques reprises, notamment cet été et l’été dernier.


Voir mon article : Hélène d’Andlau, une grande dame du jardin : https://nouvellesdejardins.be/visites/france/helene-dandlau-une-grande-dame-du-jardin/

Au fil des saisons

Octobre est LE mois pour travailler au jardin et pour visiter ceux des autres :
- A commencer par les fêtes des plantes comme celle des Jardins d’Aywiers, les 2,3 et 4 octobre. www.aywiers.be
- et les 3 et 21.10 de 14h30 à 16h : par la visite guidée des collections botaniques du Jardin botanique Jean Massart à Auderghem. A découvrir par ceux qui ne connaissent pas encore. D’autres visites guidées sont proposées autour de l’arbre et des plantes voyageuses https://sciences.brussels/jardinmassart/


Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site de l’agenda :
www.fwhnet.be/au-fil-des-saisons
Astuce à l’Arboretum Wespelaar

Lors d’une visite de printemps à l’arboretum Wespelaar pour y admirer les magnolias, j’ai remarqué qu’autour de la plupart des jeunes troncs, étaient plantés quatre bambous. A Herkenrode, dans le jardin attenant de Philippe de Spoelberch, actuellement président d’honneur de la Société de Dendrologie Belge, la même chose. Intriguée, j’ai posé la question de leur utilité à Christophe Crock, head gardener, qui m’a répondu :



« Les quatre bambous servent à la protection des jeunes plantations contre le chevreuiL Lorsque la densité de chevreuils n’est pas trop grande, c’est efficace. Les bambous sont lisses et le chevreuil ne peut y gratter ses bois »
