Florilège de portraits de plantes au fil des Newsletters

Depuis 3 ans, je vous propose des bons plans, des sorties et des astuces dans les news de mes bulletins d’information paraissant en début de mois. Voici un méli-mélo de brèves concernant les arbres et arbustes
Acer griseum

Carpenteria californica

Acheté en conteneur il y a plus de 10 ans au Jardin Botanique de Kew à Londres, ce Carpenteria californica était un coup de cœur peu raisonnable. Personne ne croyait à sa reprise en Belgique, l’arbuste étant considéré comme fragile. Aujourd’hui, à Namur, dans un jardin de ville, abrité contre un mur ensoleillé, il mesure environ 4 m de haut et se porte à merveille.

De la famille des Hydrangeaceae, son feuillage vert foncé brillant est intéressant car il est persistant ; en été, il est éclairé par de grandes fleurs simples blanches au look d’anémone du Japon ou de rose botanique, relevées d’un joli bouquet d’étamines jaune or. Originaire de l’ouest des Etats-Unis, – comme son nom l’indique -, dans de bonnes conditions, il pourrait supporter des températures minimales de -7° à -12°C. Avec un sol drainé et contre un mur abrité, il mérite d’être plus planté dans les jardins !  News de juillet 21

Hamamelis x intermedia ‘Livia’

Il y a une dizaine d’années, j’ai craqué pour l’Hamamelis x intermedia ‘Livia’, hybride issu du croisement entre Hamamelis mollis et Hamamelis japonica. Sa couleur inhabituelle rouge cerise, presque carmin ou lie de vin, m’avait séduite. Cela changeait de l’orange cuivré de H. x i.  ‘Jelena’ ou ‘Diane’ ou du jaune de H. mollis ‘Pallida’. Obtenu et sélectionné en 1993 par Robert et Jelena de Belder, ils l’avaient baptisé du nom de leur première petite fille. Pour moi, ce nouveau coup de cœur avait déjà une belle histoire.

J’ai dû attendre quelques hivers avant d’être définitivement conquise mais depuis quelques jours, je le dévisage dans le but d’apercevoir les premiers pétales ébouriffés qui vont enchanter et parfumer le chemin d’entrée pendant presque 2 mois. Aujourd’hui, l’arbuste atteint environ 2 à 2,5m de haut, pour une largeur d’environ 2,5 à 3m. Ses feuilles ressemblant à celle du noisetier, – d’où son nom de noisetier des sorcières -, apparaissent au printemps après les fleurs. Leur coloration orange rouge à l’automne est une autre qualité. News de janvier 22

Halesia et ravageurs xylophages

Il y a un mois, Marie Pia une amie, achète un magnifique Halesia, arbre aux clochettes d’argent en fleurs à la fin du printemps. Quelle ne fut pas sa surprise de repérer après 8 jours, des trous et vilaines blessures sur le tronc de l’arbre. Elle décide de le ramener à la pépinière. Verdict ? Des larves d’insectes xylophages qui ont la mauvaise idée de creuser des galeries dans les racines, les écorces ou le tronc provoquant un dépérissement voire une mort certaine de l’individu. Apparemment, il faut se méfier du phénomène qui se développe particulièrement lors des hivers doux et qui serait lui aussi contagieux

News d’avril 21

Deutzia setchuenensis var. corymbiflora,

©Carole Desheulles

Parfaitement rustique, ce n’est pas un nouveau venu. Il a été distingué à la fête des plantes d’automne à Saint-Jean de Beauregard. Je l’expérimente dans le jardin depuis une petite dizaine d’années. Avec son port érigé, il a le mérite de ne pas prendre de place, – 1m max en hauteur -, de pousser n’importe où, même à l’ombre. Il offre une longue floraison de petites étoiles blanches rassemblées en corymbes, – d’où son nom -, pendant environ 3 mois, de juin à septembre. Parfaite aussi pour les pots sur une terrasse ou un balcon. C’est une valeur sûre !

Jean-Pierre Hennebelle ; www.hennebelle.com : présent en Belgique dans les fêtes de jardins News de décembre 21

Rhodos et Kalmia, dégâts aux feuilles

Canicules à répétition ou maladie sur des feuilles sont desséchées ?

J’ai fait appel à Serge Wauthier spécialiste des rhododendrons et azalées à Court-Saint-Etienne. Il répond : « Ce sont vraisemblablement des dégâts dus à la sécheresse. Il n’y a rien à faire pour les feuilles abimées. Néanmoins je ferais un paillage de tourbe (2 cm) tout autour du rhodo + un engrais (1 x maintenant et 1 x mi-juin). En cas de forte sécheresse, il faut surveiller l’arrosage. »

A cause de leurs racines peu profondes, ces plantes souffrent particulièrement lors des périodes de canicule prolongée. Le paillage est donc un réflexe idéal pour garder l’humidité au sol.

Voir aussi le site internet de Serge : www.rhododendronwauthier.be  News de juin 21

Staphylea holocarpa var. ‘Rosea’

© Carole Desheulles

Une plante des Pépinières Botaniques de Cambremer à la fête des plantes de printemps à Saint-Jean de Beauregard est non seulement le coup de cœur du jury mais aussi un grand arbuste chinois peu répandu de 5m de haut, à la floraison rose tendre en panicules qui ne passe jamais inaperçue en avril-mai. La variété ‘Rosea’ donne des fleurs un peu plus grandes que le type. Son feuillage bronze, ses petits fruits roses comme des gousses enflées et son écorce striée de blanc en sont l’écrin. Acceptant tout type de sol, au soleil ou à mi-ombre, il ne prend pas beaucoup de place, son port restant étroit. pepinieredecambremer@orange.fr   News de mai 22

Salix udensis ‘Golden Sunshine’

… de la bouture au grand buisson…un coup de soleil au jardin

Pour illuminer ou éclairer un coin du jardin, un saule buissonnant, Salix udensis ‘Golden Sunshine’, appelé aussi saule de Sakhaline ou Salix sachalinensis est imparable même s’il est beaucoup trop rare dans les jardins. Il ne passe pas inaperçu tant il brille de mille feux pendant toute la saison. Son feuillage caduc apparait jaune vif à jaune doré au printemps, garde bien sa couleur jusqu’en été, puis vire au vert-jaune en automne avant de tomber. Originaire de l’est de la Sibérie, de Chine et du Japon, c’est une variété ou obtention horticole japonaise de 2005. Il forme à taille adulte un grand arbuste souple de 2,5 à 4m de haut pour une largeur de 2m environ.

Outre ses petits chatons mellifères, un autre atout appréciable surtout en hiver, est la coloration jaune de son bois. Robuste et de croissance rapide, il résiste au froid (jusqu’à – 25) et à la sécheresse, du moment qu’il soit planté au soleil dans un sol riche, frais, voire humide. Peu sujet aux maladies, il demande peu d’entretien. Soit on le laisse se développer naturellement, soit on le taille assez court en février-mars pour le densifier.

Pour le multiplier, faire plaisir, rien de plus facile. Une petite bouture en août-septembre en taillant quelques tiges semi-ligneuses qu’on appelle dans le jargon « aoûtées ». L’idéal est de choisir un rameau ayant 2 ou 3 feuilles. Si elles sont trop grandes, on coupe une partie de celles-ci pour limiter l’évaporation. Les boutures sont piquées dans un pot contenant du terreau et placé au chaud sur un appui de fenêtre ou dans une serre. Ensuite, il ne faut pas oublier de mettre un peu d’eau dans une soucoupe pour garder l’humidité mais sans faire pourrir la bouture. Et le tour est joué. Vient alors le temps de la patience. Le pot est disposé dehors au nord, contre la façade et au printemps, la bouture est rempotée et plantée dès qu’elle est suffisamment solide. La tenir à l’œil en l’entourant de quelques bouts de buis est toujours un bon plan. News octobre 23

Acer griseum

Le seigneur de mon jardin est incontestablement un érable, l’érable gris ou Acer griseum. Non pas un érable japonais mais un chinois introduit en Europe en 1901, par le chasseur de plantes Ernest Wilson. Il y a 20 ans, je l’avais identifié pour la première fois chez un collectionneur d’érables, dendrologue averti, qui n’avait d’yeux que pour lui. Conquise au premier regard, je l’ai immédiatement planté chez moi. Beau en toutes saisons, il ne passe jamais inaperçu.

De petite taille, – sa croissance ralentit au bout de quelques années -, il présente une écorce originale de couleur cannelle d’où son surnom d’érable cannelle. Ce n’est pas tout. Elle est composée de fines feuilles enroulées qui se détachent comme un bouleau et lorsqu’on les regarde à travers la lumière, elles sont presque translucides. C’est magique. Au printemps le feuillage débourre plutôt tardivement dans les tons brun orangé clair puis vaguement jaune rosé avant de verdir. Les feuilles composées de 3 folioles lobées ou à dents arrondies sont accompagnées de petites fleurs jaune verdâtre en grappes de 3 à 5 mini cloches. A l’automne, le changement de couleurs dure longtemps. Cela débute avec des petits bouquets épars de feuilles rouge orange avant que l’entièreté ne devienne cramoisie après environ 1 mois. News novembre 22

Syringa reticulata ssp. pekinensis

Un petit lilas qui ne ressemble pas vraiment au lilas de nos grands-mères. On ne le choisit pas pour ses grappes de fleurs colorées et parfumées mais plutôt pour son écorce… comme on le ferait pour un érable, un cerisier d’ornement ou un bouleau. Il a un petit look d’Acer griseum, avec une écorce caramel marquée de petites lenticelles blanches qui, comme lui, s’exfolie joliment. Facile de culture, ce grand arbuste bien rustique, de 5/6m de haut, pousse n’importe où, même en sol calcaire, et offre à la saison des lilas, une floraison crème, abondante et très mellifère. News janvier 23

Vitex agnus-castus ‘Flip Side’

©Carole Desheulles

Une nouvelle variété venue tout droit d’Amérique. Elle se différencie des autres par des feuilles au revers violet qui se marient parfaitement avec des épis bleu lavande qui ressemblent au buddleia. Son port est également moins dégingandé et plus compact, environ 2m50. Les Vitex appelés aussi gattiliers ou arbres à poivre, – le feuillage dégage, froissé, une forte odeur de poivre -, sont des arbustes au feuillage caduc de la famille des Verbénacées, originaires du sud de l’Europe mais suffisamment robustes pour pousser chez nous au soleil, à l’abri des vents froids du nord-est. Leur floraison mellifère tardive d’août, septembre est intéressante. Résistants à la sécheresse, ils apprécient les sols drainants qui ne retiennent pas l’humidité. Dans les jardins, outre le type, on repère des Vitex à fleurs blanches ou roses ainsi que V. a. ‘Latifolia’ aux feuilles plus amples considéré par beaucoup comme un des plus rustiques. ‘Flip Side’ a remporté le prix de la Presse à la fête des plantes d’automne à Saint-Jean de Beauregard : également chez Jean-Pierre Hennebelle www.hennebelle.com                                                                                                                                      News de décembre 21

©Carole Desheulles

Wisteria sinensis Blue Line ‘Copper Leo’

une nouvelle obtention de notre compatriote Benoit Choteau. C’est une glycine de Chine parfumée et plus menue qui garde un feuillage pourpré teinté de cuivre beaucoup plus longtemps qu’au seul débourrement. Le contraste est surprenant avec les fleurs bleu lavande. Voir aussi mon article sur les Prunus en cliquant sur l’onglet « Arbres » www.pepinieres-choteau.com (remplace l’ancien site www.cece-choteau.com)  News mars 23

Les doigts du diable, Anthurus archeri ou Clathrus archeri

Qui sont ces étranges voire horribles champignons rouges comme des pieuvres diaboliques greffés sur des champignons blancs. La photo ne le dit pas mais une odeur nauséabonde très prononcée les accompagne. A s’enfuir …

Appelés « les doigts du diable » par les uns ou plus poétiquement « le bonnet de lutins » par les autres, Anthurus archeri ou Clathrus archeri est un champignon exotique originaire d’Australie et Nouvelle-Zélande qui se propage en Europe dès le début du siècle passé. Il apparait d’abord comme un petit champignon blanchâtre tel un œuf émergeant du sol, qui grossit jusqu’à éclater pour laisser apparaître de juin à octobre, une « étoile de mer » rougeâtre, gluante, aux tentacules granuleux. Parfois, de la taille d’une main humaine !

Il se développe sur des sols acides, dans les forêts, sur un tas de feuilles mortes et se nourrit de débris végétaux en décomposition. Dans le cas concret, sur les copeaux de jardins étendus comme paillis entre les plantations. Le parfum de charogne qui le caractérise est là pour attirer les mouches qui iront disperser les spores. Cela dit, il n’est pas toxique et pas vraiment comestible non plus, tant il dégage un parfum peu ragoutant. On le dit légèrement envahissant, l’envie viendrait donc de s’en débarrasser. Que faire ? Retirer les œufs avant qu’ils n’éclosent pour éviter la multiplication ? Enlever les copeaux et la terre contaminée ou s’en accommoder ?  News novembre 22

Un buis résistant, en pleine santé et qui a de l’avenir… ça existe ?

On a peine à le croire. Et pourtant, plusieurs échos se rejoignent.

Oui, il existerait certaines variétés de buis hybrides, dites BetterBuxus® très résistantes au Cylindrocladium buxicola appelé aussi Calonectria pseudonaviculata, en d’autres mots …une maladie fongique. Résistantes aussi au Volutella buxi, une autre maladie fongique et bien robustes vis-à-vis de la pyrale.

Non, ce ne serait pas un rêve mais un programme de sélection intensif mené en Belgique par la pépinière Herplant, croisant différentes espèces de buis de diverses origines géographiques. Notamment des espèces asiatiques qui, poussant dans la même région que la pyrale, auraient développé une résistance naturelle.

Sur plus de 10.000 plants, seules 4 variétés ont été sélectionnées :

  • ‘Renaissance’ pour les haies basses,
  • ‘Babylon Beauty’ comme couvre-sol,
  • ‘Heritage’ ressemblant à B. sempervirens, idéale pour les topiaires,
  • ‘Skylight’, une variété plus poussante pour les haies hautes

Différents jardins historiques ou de renom se sont déjà lancé dans l’aventure et pas des moindres. Le jardin du palais royal de Het Loo aux Pays-Bas, celui de Herrenhausen à Hanovre en Allemagne, de Villandry en France et chez nous, les jardins d’Annevoie, Alden Biesen et Bokrijk.

Où trouver les BetterBuxus® ? Actuellement, exclusivement, chez certains distributeurs comme les jardineries Van Uytsel, Proost-Van Gorp et Pajoplants pour la Belgique.

A essayer par les inconditionnels du buis !

www.betterbuxus.com; www.herplant.be   News de novembre 23

Ulmus resista ‘Sapporo Gold’, un orme résistant

Lors de ma visite en automne dernier au golf de Ravenstein, j’ai découvert un petit groupe d’Ulmus resista ‘Sapporo Gold’ dont le feuillage doré resplendissait sous le soleil. Depuis, j’ai appris que cette variété rustique repérée au jardin botanique de Sapporo au Japon, était un hybride naturel entre U. pumila et U. davidiana var. japonica. Et surtout qu’elle était bien résistante à la graphiose, un champignon transmis par un insecte qui, depuis des dizaines d’années, a décimé bon nombre d’entre eux. Avec une silhouette généralement buissonnante, environ 6 à 8m de haut, il convient bien aux haies champêtres. Cette sélection a certainement de beaux jours devant elle.   News de janvier 23

Fruitier, moniliose et coups de soleil

Certaines années, beaucoup de fruits sur l’arbre semblent pourris. Ils portent des taches brunes ornées de cercles et des pustules blanchâtres peu appétissantes. C’est l’effet de la moniliose, une maladie malheureusement très répandue dans nos vergers, due à un petit champignon très contagieux qui se propage par l’air. Favorisée par un temps humide, elle s’attaque aux fruits à pépins ou à noyaux qui finissent par se dessécher complètement, se momifier tout en restant malgré tout accrochés aux arbres durant l’hiver.

Que faire ? Surtout, surtout éliminez les fruits pourris et/ou momifiés afin d’éviter la propagation ultérieure des spores du champignon qui pourraient persister pendant l’hiver. Pratiquement, il faut donc les faire tomber de l’arbre, les ramasser, les brûler ou les évacuer à la déchetterie. Ne pas les introduire dans le compost.

A l’avenir, pensez à la bonne santé de votre arbre fruitier, supprimez le bois mort, taillez en transparence, – dans l’idée de laisser voler un oiseau dans la ramure-, et s’il le faut, l’an prochain, veillez à l’éclaircir si la récolte semble trop importante. En d’autres mots, éliminez les fruits en surnombre pour éviter les contacts entre eux et l’épuisement de l’arbre.

Traiter ? Généralement on propose la bouillie bordelaise à base de cuivre comme traitement anti-moniliose à appliquer lors de l’apparition et à la chute des feuilles. Mais gare à la pollution du sol à long terme. A n’utiliser qu’en cas de recours ultime. Le traitement avec une décoction de prêle en pulvérisation a fait ses preuves et est totalement inoffensif.  News octobre 21

Attention, coups de soleil

Oui, pendant les années de canicule, les pommes elles aussi, peuvent avoir des coups de soleil ! Sur la face tournée vers l’extérieur, elles peuvent présenter de vilaines taches brunes. Surtout chez les jeunes arbres, les basses tiges ou les arbres palissés moins fournis en branches. Leurs tissus se nécrosent et finissent par pourrir à la suite de la brûlure. Nous avions déjà aperçu le phénomène il y a 2 ans et voilà qu’il se répète cette année. News septembre 2022

Rosa ‘Yukiko’ 

Yukiko est une amie.

Yukiko possède non loin de Bruxelles, un jardin de rêve qu’elle entretient avec passion. Elle y collectionne notamment les camélias.

Cela fait des années que je pense particulièrement à elle lorsque fleurissent dans mon jardin, les nuages de petites fleurs blanches de l’excellent Epimedium stellulatum ‘Yukiko’.

Mais depuis peu, une rose ‘Yukiko’ est venue rendre hommage à cette jardinière hors pair. Création de l’obtenteur belge Martin Vissers pour Viva international BVBA, elle a reçu en juin dernier une magnifique récompense au 116e Concours International de roses nouvelles de Bagatelle à Paris. Parmi plus d’une centaine de roses inédites, – donc pas encore commercialisées -, créées par près de 30 obtenteurs appartenant à 11 pays différents, elle s’est particulièrement distinguée en recevant le 2ème prix octroyé par un jury composé d’éminents spécialistes. Ce rosier résistant est couvert d’une multitude de petits bouquets de fleurs doubles blanc rosé se renouvelant pendant toute la saison. Bientôt chez moi, elle aura sa place au soleil…   News de novembre 23

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