Des arbustes qui font le printemps

Weigela, Kolkwitzia ou Dipelta, ils viennent tous nous enchanter avec leurs petites trompettes colorées qui composent la symphonie du joli mois de mai

Sauf pour les joueurs de Scrabble, il n’est pas facile de retenir ces noms botaniques ! De la famille des Caprifoliacées déjà présentée il y a quelques semaines avec les chèvrefeuilles ou Lonicera, ils forment la tribu des arbustes en « a ». Des valeurs sûres, robustes, pratiquement jamais malades, qui égaient les jardins après la floraison des bulbes et avant l’arrivée tant attendue des roses.

Weigela

Sans doute le plus connu de la bande ! Attention, il est souvent orthographié comme Weigelia dans les jardineries. Qu’importe ! Avec ou sans le i, on se souviendra qu’il se situe à la fin des catalogues et que surtout, il est tout terrain, parfaitement rustique et sans souci. Originaire d’Asie, – de Corée, Chine et Japon -, il fait son petit effet dans une terre ordinaire, sans être trop pauvre et avec un minimum de 6 heures de soleil. De 80 cm à 2/3m selon les différentes variétés, au port souple, il a un feuillage caduc et offre une multitude de trompettes de 3 cm de long. Les coloris varient du rouge, – parfois triste -, vers le rose vif ou léger pour terminer par le blanc. Au niveau de l’entretien, très facile. Sachant que la floraison se produit sur les branches d’un an, une simple taille de propreté après la floraison s’impose en coupant les petites inflorescences fanées pour le stimuler à refleurir plus tard dans la saison. Mais aussi de temps à autre, une coupe plus sévère pour former une belle charpente. En effet, pour peaufiner sa silhouette, n’hésitez pas à recéper au ras des pâquerettes les branches les plus anciennes, reconnaissables à leur écorce qui se divise en lambeaux. Ce n’est rien d’autre qu’un coup de pouce pour la formation de nouveaux rameaux. Avec un peu de compost à l’automne ou au printemps et quelques arrosoirs d’eau pendant les étés secs comme l’an dernier, le Weigela vous remerciera.

Quelques-uns retiennent l’attention, notamment des hybrides vigoureux à grandes fleurs, plus florifères, ayant plus de succès que les espèces :

  • W. ‘Boskoop Glory’ ou ‘Abel Carrière’ : floraison rose vif, environ 2 x 2m
  • W. ‘Snowflake’ : vigoureux à floraison blanche
  • W. ‘Bristol Ruby’ : rouge vif, environ 3 x 3m, fort répandu dans les jardins
  • W. florida ‘Victoria’ au feuillage bronze et aux fleurs rose franc, plus compact, – 80 cm à 1m -, comme la plupart des W.florida
  • W. ‘Carnaval’ aux curieuses fleurs rose clair et rose saumoné

A noter deux espèces japonaises, W. maximowiczii ou middendorffiana, sans doute moins florifères, mais dont le port léger et raffiné est mis en valeur par des fleurs blanches à macule jaune.

Dipelta

Beaucoup moins connu que son cousin le Weigela, souvent confondu avec lui d’ailleurs, on repère rarement Dipelta floribunda dans les jardins et les pépinières spécialisées pour l’unique raison qu’il est difficile à multiplier. Et pourtant, quelle splendeur, quelle élégance. Originaire de Chine, cette espèce à feuillage caduc, est découverte en 1875 et introduite en Angleterre en 1902 par le célèbre chasseur de plantes Ernest Wilson. Parfaitement rustique, il pousse plutôt vite. Son port plus imposant, – parfois jusqu’à 3, 4m de haut -, est d’abord érigé puis délicatement retombant. Il apprécie le soleil ou la mi-ombre et les ambiances fraiches. Son écorce qui s’exfolie, – ou qui se détache en minces couches -, est intéressante. Ses fleurs légèrement parfumées de 3 cm de long, rose pâle à cœur jaune orangé, apparaissent sur les branches de l’année précédente. Si on peut regretter qu’il ne fleurisse pas longtemps, il faut savoir qu’il a une corde de plus à son arc. En effet, après les fleurs, des petits fruits ailés très décoratifs persistent jusqu’au creux de l’hiver. A part une protection contre les gelées lors des débuts, il se débrouille tout seul et ne demande pratiquement pas de taille hormis pour les branches qui se croisent ou qui seraient mal placées.

Ceci dit, il existe aussi deux autres espèces cultivées. Dipelta ventricosa exhibe des fleurs plus petites, rose foncé à l’extérieur, plus pâles à l’intérieur avec une tache orange dans la gorge et Dipelta yunnanensis introduit en Europe, quelques années plus tard par George Forrest, un autre chasseur de plantes expérimenté. Ce dernier exhibe des fleurs légèrement plus grandes, blanc crème teinté de rose avec toujours cette même curieuse tache orange.

Kolkwitzia

Malgré son nombre impressionnant de consonnes, Kolkwitzia amabilis, la seule espèce du genre, est souvent tout simplement appelé, buisson de beauté, beauty bush, par ceux qui le connaissent et l’apprécient. Au soleil ou à mi-ombre, dans un sol ordinaire, poussant sagement jusqu’à 2,3m de haut sans trop envahir, voici effectivement un autre chinois qui plaît. Parfaitement rustique, sa silhouette bien arquée comme un parapluie est franchement racée. Aux côtés d’une feuillage caduc vert somme toute assez classique, apparaissent plus tardivement, fin mai début juin, de nombreuses petites fleurs en forme de trompettes rose tendre, avec une touche de jaune. Un véritable spectacle pendant 2 à 3 semaines. Après, l’arbuste a l’art de passer inaperçu, à part des petits fruits plumeux qui prennent le relais en été.

Pour l’entretien du Kolkwitzia, rien de spécial les premières années. Le laisser faire et le contempler. Après, il est utile de supprimer les branches mortes ou plus âgées qui fleurissent moins, dans le but de donner de la lumière à l’intérieur de l’arbuste et permettre à de nouvelles pousses de croitre facilement. Celles-ci, vigoureuses et raides, finiront par ployer sous le poids des fleurs.

Il existe peu d’alternative intéressante à la forme botanique de cet arbuste, à part une seule variété à épingler : K. a. ‘Pink Cloud’, pour certains, une amélioration du type.

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