Photos Pépinière Le Try et MN Cruysmans
Article paru dans Eden Magazine en 2023
A Céroux-Mousty sur les hauteurs d’Ottignies, l’aventure commence avec Dominique, il y a plus de 25 ans. Une pépinière de production de plantes de qualité, dans le plus grand respect de l’environnement et de la biodiversité. Pour lui, c’est une évidence, les plantes doivent être adaptées au climat et au sol de la région. Aujourd’hui, Le Try est devenu un lieu de référence et d’expérimentation.

Centre de production
Pour la team familiale, les petits arbres et arbustes sont plus que jamais à l’honneur. Choisis et cultivés pour être installés dans les jardins d’aujourd’hui, ils doivent s’adapter non seulement aux nouvelles pratiques de jardinage mais aussi au changement climatique. Autour de leur maison, des serres immenses et 12 ha consacrés à la production et multiplication des plantes ligneuses. Battue par les vents, la terre y est limoneuse, lourde et riche ; de quoi obtenir des végétaux suffisamment robustes. La plupart poussent en pleine terre mais pour rencontrer en toutes saisons les coups de cœur des visiteurs, certains sont préparés en conteneurs.

Aujourd’hui, les collections sont maintenues de manière moins systématique qu’au temps de Dominique. Inutile d’ajouter à la liste, une plante pratiquement identique ou moins adaptée. L’essentiel est de sélectionner la bonne plante au bon endroit. Vibunum plicatum ‘Summer Snowflake’, arbuste au port étroit de 3 m de haut est un exemple parmi d’autres. Ce cultivar, presque la copie conforme de Viburnum plicatum ‘Watanabe’, accepte, lui, de pousser également au soleil. Ce n’est donc pas un hasard s’il est récompensé par un AGM, Award of Garden Merit, octroyé selon des critères précis par la RHS, Royal Horticultural Society.

Au Try, depuis plus de 25 ans, un jardin arboretum est ouvert au public. L’occasion pour lui de découvrir des plantes adultes et mesurer leur silhouette dans un environnement naturel. Parc à bois nécessaire au prélèvement des boutures, greffons ou graines, il est un espace d’observation et d’expérimentation indispensable à l’évaluation des qualités et défauts des 2400 espèces représentées.
Cornus

Impossible de se passer des cornouillers à fleurs. Ils ont tout pour plaire. Rares sont les arbustes capables de fleurir en abondance, de porter des fruits décoratifs, d’offrir un port et une silhouette élégante et d’adopter de superbes couleurs d’automne. Le tout, cerise sur le gâteau, sans taille ni soins spécifiques. A l’heure où les jardins se font de plus en plus petits, indiscutablement, ils ont leur place.
Plusieurs hybrides de C. kousa, l’espèce asiatique la plus résistante au froid, ont les faveurs de l’équipe :




- Cornus kousa ‘LT Christine’ nommé en l’honneur de l’épouse de Dominique figure parmi les préférés ; c’est le premier de la série des créations « maison » ;
- Cornus k. ‘LT Audrey’ a un look de C.k. ‘Satomi’ avec une floraison rose plus clair, plus doux… une merveille, très stable au niveau de l’intensité de sa couleur ;
- Cornus k. ‘LT Délicatesse’ est délicatement marqué d’un liseré rose sur les bractées blanches ;
- Cornus k. ‘LT Cerousiana’, issu d’un semis de C.k. ‘Teutonia’ au port plus compact, paraît très prometteur. Il est en production et sera offert à la vente dans 3 ans.

D’autres hybrides au feuillage décoratif semi-persistant, coloré de rose pourpré à l’automne, ont un avenir certain :
- Cornus ‘Blooming Merry Tetra’ à la floraison blanche,
- Cornus ‘Blooming Pink Tetra’, la version rose,
- C. hongkongensis ‘Summer Flair’, un cornouiller de Hong Kong, rare dans les jardins, à la floraison blanche dont les jeunes pousses sont également pourprées.
Hamamelis

Pour égayer les hivers, quel que soit le temps, l’hamamélis est une valeur sûre. Originaires d’Amérique, de Chine ou du Japon, les plus connussont des hybrides d’origine horticole, H. x intermedia, issus de croisements entre H. japonica et H. mollis. Leurs petites fleurs ébouriffées, à longs pétales laciniés suspendus comme des araignées, varient du jaune pâle au lie de vin. Elles apparaissent, en début d’année, tout au long des rameaux dénudés de ces grands arbustes au port large et évasé.



- Au Try, un des plus précoces, Hamamelis ‘Rochester’, répond toujours présent dès Noël jusqu’en février. Ses fleurs jaune-orange, figurent parmi les plus parfumées. Un seul petit hic, son feuillage jaune à l’automne est marcescent lorsque l’arbuste est jeune : il reste longtemps accroché sur les branches, même en hiver, ce qui lui vaut un aspect un rien désordonné.
- H. x intermedia ‘Aphrodite’, une variété plus récente, est moins marcescente. Sa floraison orange rouille en février-mars est plus lumineuse mais il faut noter qu’elle n’est malheureusement pas parfumée.
- Pour un feuillage pourpré, H. x intermedia ’Luna’, une sélection de Jelena De Belder dont il existe un très beau sujet à l’Arboretum Kalmthout, exhibe en janvier-février, des fleurs jaune citron aux pétales plus longs et plus larges.
- H. ‘Brevipetala’, une ancienne variété au port moins étalé, est assez passe-partout dans les petits jardins. Très parfumés, les pétales courts, jaune chaud, sont réunis dans des grands bouquets qui assurent en janvier-février, une belle visibilité.
Viburnum

Sans doute assez courante, la viorne est extrêmement polyvalente. Originaire d’Amérique du Nord et du Japon, chaque année apporte son lot de nouveaux hybrides sélectionnés pour leur adaptation aux climats tempérés. De février à juin, selon les espèces, les fleurs sont garanties. Robustes et rustiques, à feuillage persistant ou caduc, les viornes peu exigeantes, s’adaptent à toute exposition et n’importe quel sol. Leur entretien est enfantin, de temps en temps une petite taille d’éclaircie juste après la floraison.



- V. carlesii, un grand classique, figure parmi les plantes structurantes du jardin et parfume le printemps avec ses fleurs de porcelaine. Les variétés ‘Aurora’ et ‘Diana’ très florifères, exhibent dès avril-mai des boutons rose foncé, contrastant avec les boules de fleurs plus claires. A l’automne, le feuillage s’enflamme.
- Viburnum dasyanthum, mérite d’être plus populaire. Ses petites baies, rouge brillant, sont un véritable spectacle à la fin de l’été. Elles suivent les grandes inflorescences blanc pur, en bonnets de dentelle.
- Quant à V. opulus, même s’il n’est pas remarquable dans les jardins, – son feuillage étant vite grignoté par les chenilles -, il faut bien avouer qu’il est très intéressant comme porte-greffe, s’adaptant sans soucis, aux grands écarts que nous connaissons aujourd’hui, de l’ultra sec à l’inondable.



Arbres et arbustes à fruits ou à feuillage décoratif
En plus du trio de base, – cornouillers, hamamélis et viornes -, différentes plantes fructifères ou simplement élégantes intéressent la pépinière. Quelques-unes sortent du lot :



- Sorbus hupehensis, un sorbier originaire de l’ouest de la Chine, à la croissance verticale et compacte. Ses petits fruits blancs délicatement rosés, apparaissent en septembre, octobre, tout en restant sur l’arbre une bonne partie de l’hiver. Qualité indéniable pour ceux qui l’observent ainsi que pour les grives et merles qui s’y attaquent tardivement, après avoir écumé les baies orange. Ce sorbier de 4 à 5 m de haut, offre des bouquets mellifères de petites fleurs roses au printemps ; son feuillage découpé devient rouge orangé à l’automne. Particulièrement résilient, il se défend bien des stress hydriques. Que lui demander de plus ?


- Malus toringo, appelé aussi M. sieboldii, est unpommier d’ornement d’origine asiatique. Son port, environ 4 m de haut, est souple, ovale puis arrondi ; ses branches s’inclinent délicatement et son joli feuillage prend lui aussi de belles couleurs automnales. Excellent pollinisateur pour les pommiers à floraison précoce, ses boutons pourprés en avril-mai pâlissent petit à petit. Des petites pommes orange à reflet rouge suivent et persistent longtemps.


- Cladrastis kentukea, le virgilier à bois jaune, est un grand arbuste rare chez nous, à la silhouette arrondie et étalée, reconnu pour sa délicate floraison estivale, en grappes pendantes, blanches marquées de jaunes. Légères et parfumées, elles lui donnent un petit air de glycine ou de cytise. Comme son nom l’indique, ce Cladastris, est un Américain du Kentucky ; il est rustique, jusqu’à -20°C. De la famille des Fabacées, adepte du soleil, il atteint environ 10 m à taille adulte. Les grandes feuilles débourrent assez tard, virent au jaune à l’automne alors que les fruits, des gousses aplaties d’abord vertes puis brunes, restent longtemps sur les branches. Pour ne rien gâcher, il se développe généralement sur plusieurs troncs mais attention, seul petit bémol, les rameaux étant cassants, il faut le planter à l’abri des grands vents.


- Les Cotinus valent la peine. Ils ne demandent ni taille ni soins particuliers. Résilients, ils s’accommodent à la sécheresse. Leur silhouette et leur feuillage sont décoratifs, ainsi que les inflorescences plumeuses en juin. On les appelle les arbres qui fument ou les arbres à perruque. Le Cotinus coggygria ‘Royal Purple’, un grand format d’environ 4 m de haut au feuillage pourpre foncé, ne tient plus la vedette aujourd’hui. Quelques nouvelles obtentions plus compactes le surpassent, comme C. c. ‘Lilla’, qui lui ressemble ou C. c. ‘Young lady’, dont la floraison rose ressort bien sur un feuillage vert clair évoluant jaune-orange puis rouge feu à l’automne. C. coggygria ‘Old Fashioned’ exhibe des jeunes pousses pourprées contrastant avec les feuilles adultes presque bleutées avant de virer à l’embrasement.
Démarche holistique
Produire des plantes c’est bien, mais partager l’expérience et le savoir-faire, c’est mieux. Au Try, les propositions de services sont nombreuses. Des cycles de conférences, formations, ateliers, notamment des cours de taille, bouturage, greffe, des journées portes ouvertes ou des initiations à l’architecture de jardin, sans oublier des réalisations de A à Z proposées par Pierrick Laurent. L’idée étant de transmettre de manière qualitative et personnalisée, les groupes ne dépassent pas 15 personnes.


Pour ceux qui sont tournés vers le potager ou les jardins comestibles, une précieuse collaboration avec Marin Hock, maraîcher formateur, est mise en place. Avec lui, la théorie se mêle à la pratique, les légumes aux arbres fruitiers, la flore sauvage à la faune. Ils mettent en place un verger de basses, demi et hautes tiges, en pleine terre, labellisé Certifruit, offrant la garantie de variétés régionales tolérantes aux maladies, le tout dans le plus grand respect de la biodiversité. La gamme est triée sur le volet dans le but d’optimiser la pollinisation. Maintenant que les premières greffes sont réalisées, il faudra attendre trois ans pour la mise en vente.



Côté pépinière, l’assortiment de plantes vivaces et graminées s’intensifie pour permettre aux amateurs, des associations aussi belles qu’efficaces, alors que côté jardinerie, des outils et produits de qualité complètent l’ensemble.
Oui, vous l’avez compris, ici c’est la passion qui parle !

Infos pratiques
Rue du Puits 37 à 1341 Ottignies-Louvain-La-Neuve
