On a tous en nous un souvenir de viorne

On sait que la viorne est un arbuste assez commun Mais saviez-vous qu’elle est véritablement tout-terrain ?
Viburnum plicatum 'Mariesii'

Sans doute connaissez-vous la viorne boule de neige appelée plus pompeusement dans les catalogues des pépiniéristes Viburnum opulus ‘Roseum’ (synonyme ‘Sterile’) ? En mai-juin, ses grosses boules blanches spectaculaires ne laissent en effet personne indifférent. Les novices la confondent régulièrement avec un hydrangea. Un genre d’’Annabelle’ de printemps. Mais les botanistes sont catégoriques. Même s’il y a une certaine ressemblance, ces plantes n’ont rien à voir l’une avec l’autre. Les fleurs de viorne sont composées de pétales alors que celles de l’Hydrangea le sont de sépales. Ceci dit, il est indéniable que les viornes se la jouent un peu Hydrangea avec des inflorescences pleines en boule ou plates de type bonnet de dentelles avec une couronne de fleurs stériles bien ouvertes au bord et des petites fleurs fertiles bien serrées au centre.

La boule de neige …

Passe-partout

Bonne à tout faire, il y a toujours une viorne qui convient à votre jardin. De la famille des Caprifoliacées, deux viornes sont indigènes chez nous : la viorne lantane, Viburnum lantana et la viorne aubier Viburnum opulus. Mais en réalité, il existe plus de 100 espèces et variétés originaires d’Amérique du nord et du Japon et chaque année arrive un lot d’hybrides sélectionnés pour leur bonne adaptation à nos sols et climats tempérés.

Robustes, ces arbustes ont des fleurs souvent délicatement parfumées et un feuillage persistant ou caduc. Ils sont peu exigeants quant à l’exposition, – même s’ils apprécient une ombre légère – et quant au sol, – avec une préférence pour les terres fraîches et profondes -. Leur entretien est enfantin : de temps en temps une petite taille d’éclaircie à prévoir juste après la floraison. Attention à la rusticité de l’un ou l’autre et aux attaques de pucerons.

Les floraisons se succèdent de février à juin. Qui dit mieux ? Les V.bodnantense, farreri  et tinus fleurissent en hiver, les carlcephallum  et carlesii en avril. Puis en mai-juin, les opulus, plicatum et lantana. Après les floraisons, le show go on, certaines variétés exhibant de magnifiques feuillages à l’automne tel le V. plicatum ou des petits fruits rouges, bleus, jaunes ou noirs appréciés des oiseaux comme chez le V. opulus. Sans oublier les spécimens à feuillage persistant tel les V. tinus ou davidii, bien utiles en hiver pour structurer le jardin. Aujourd’hui, nous vous tirons le portrait de certaines viornes rustiques intéressantes au printemps.

Viburnum x burkwoodii

Cette viorne (2x 2m) au feuillage luisant semi-persistant a en avril-mai des fleurs très parfumées.  Des grappes de boules d’environ 6 cm bien serrées, roses en boutons puis pâlissant en s’ouvrant pour devenir blanches. La variété ‘Ann Russell’ garde un port assez dense.

Viburnum carlesii et Viburnum x carlcephalum

En avril-mai, débute la floraison de V. carlesii (1,50 x 1,50m) avec des fleurs de porcelaine parfumées comme un daphné, un peu plus grandes que celles de V. x burkwoodii. Les variétés ‘Aurora’ et ‘Diana’ plus florifères, ont des inflorescences tirant vers le rose. V. x carlcephalum ressemble au précédent mais en plus grand (2 x2m).

V. carlesii

Viburnum opulus 

Voici un grand buisson (3x 3m) aux fleurs printanières généralement plates en ombelle avec des fleurs stériles sur le pourtour. Les couleurs d’automne flamboyantes et les fructifications ne sont pas toujours régulières. La variété ‘Notcutt’s Variety’ est une des meilleures. V. o. ‘Aureum’ exhibe un feuillage jaune vif lumineux au printemps et V. o. ‘Xanthocarpum’, des fruits jaunes persistant longtemps. V. o. ‘Roseum’ ou ‘Sterile’ aux fleurs bien rondes ressemblant à des boules de neige est le plus célèbre.

Viburnum plicatum

On le reconnait entre mille. Son port horizontal est majestueux. En mai, des fleurs plates blanches s’alignent sur les branches en plateau. A l’automne le feuillage bordeaux est ponctué de petits fruits orangés. Même s’il est lent à s’installer, le cultivar ‘Mariesii’ (2,5 x 3m) est chéri des jardiniers tant sa silhouette est particulièrement étalée. ‘Watanabe’ au port colonnaire prend nettement moins de place. Nous l’aimons pour sa longue floraison de mai à octobre. A noter encore ‘Dart’s Red Robin’ aux fleurs teintées de rose, ‘Lanarth’ aux fleurs  plus larges, ‘Pink Beauty’  aux fleurs virant au rose et ‘Rowallane’ un peu plus compact.

Viburnum lantana

Cette viorne pousse généralement en lisière de forêt dans toutes les régions calcaires. Les feuilles duveteuses ont un revers grisâtre, raison pour laquelle on l’appelle viorne cotonneuse. Les fleurs blanches sont suivies par des baies rouges puis noires. On l’utilise dans les haies champêtres (5 x 4m)  ou comme porte-greffe pour son excellente résistance au calcaire.

A noter aussi 

Quelques viornes moins connues :

  • V. nudum ‘Pink Beauty’ (4 x 4m) aux fleurs d’avril-mai suivies de bouquets de perles roses puis noires a un feuillage semi-persistant prenant de belles couleurs automnales.
  • V. sargentii ‘Onondaga’ (3 x 2m) aux jeunes feuilles couleur bronze devenant pourpre à l’automne, a des boutons floraux rouges s’ouvrant rose pâle, suivis de fruits rouges.
  •  V. furcatum, est généralement choisi par les connaisseurs pour la beauté de son feuillage gaufré cuivré passant au rouge pourpre dès octobre.
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