Simplissime comme une potentille

Facile à vivre, sans prétentions, elle n’a rien d’une diva. Arbustive ou vivace, elle a l’art de nous tirer d’affaire dans bien des situations
Potentilla fruticosa 'Hopley's Orange'

Comment ne pas résister à la beauté de sa fleur qui, modeste, ressemble à celle qu’un enfant dessinerait pour la première fois. Quelques pétales bien rangés autour d’un cœur… sans fioriture aucune. Aux antipodes d’une pivoine joufflue attirant tous les regards, la potentille offre des hampes de petites fleurs typiques de la famille des Rosacées. On dirait celles d’un fraisier, d’une benoîte ou d’une églantine. Souvent sous-estimé, son petit côté naturel et accommodant charme les amateurs de jardins « de cottage », de curé ou de débutants, à la seule condition d’avoir la tête au soleil, au moins pendant une demi-journée. De culture facile sur tout sol ordinaire, rustique, résistante et peu sujette aux maladies, la potentille fleurit très longtemps. Rien de spectaculaire mais du solide. Appartenant à un genre botanique polymorphe, elle se présente sous 2 formes : soit un arbuste, la forme plus connue, soit une herbacée ou plante vivace.                                                                                                         

Potentille vivace

Que de légèreté et de spontanéité pour cette potentille ! Trop peu utilisée dans les jardins, sur les terrasses ou balcons, elle a le chic d’insuffler une note lumineuse et dynamique aux compositions, avec des tonalités pétaradantes dans les jaunes, les rouges et les orangés, tout en sachant rester sage avec des couleurs plus pastel. Ses fleurs minuscules, – 5 pétales au minimum avec de nombreuses étamines -, parfois doubles, tiennent tout l’été ; en cela, la potentille supplante sa cousine la benoîte, ou Geum, qui ne brille qu’au printemps. Les fleurs apparaissent à environ 40 cm de haut, au-dessus d’un feuillage aux reflets argentés, finement denté, trilobé et serré en rosettes au niveau du sol. Il ressemble lui aussi furieusement à celui du fraisier. Elle ne craint pas le gel ni la sécheresse grâce à ses racines s’enfonçant profondément. Par les temps qui courent, c’est une vraie qualité. En revanche, il vaut mieux la laisser en place et éviter de la transplanter. Les tiges souples adorent se faufiler et s’entremêler aux vivaces plus grandes ou aux petits arbustes. Au niveau de l’entretien, rien de bien compliqué. Supprimez les fleurs fanées pour stimuler une nouvelle remontée et divisez la motte au printemps pour la multiplier ou lui redonner un brin de peps.

P. x russelliana

Les espèces de potentilles herbacées ont donné naissance à de nombreux hybrides performants, rarement envahissants, aux fleurs plus grandes et à la floraison plus longue. Certains ont fait leur preuve depuis longtemps, notamment ceux de Victor Lemoine, génial sélectionneur de plantes lorrain, qui à la fin du XIXe siècle, a créé des tas de beautés devenues des classiques, du phlox au lilas en passant par les hortensias et clématites.

A épingler :

  • Version jaune :
    • P. recta var. sulphurea : jaune doux 
    • P. aurea, la potentille dorée
  • Version rouge :
    • P. atrosanguinea : la potentille sanguine, rouge velouté avec un cœur noir
    • P. ‘Gibson’s Scarlet’ : rouge vif, au port plus compact
    • P. ‘Etna’ : rouge foncé presque noir, semi-double, une création ancienne de Lemoine
    • P. ‘Vésuve’ : vermillon bordé de jaune, double, une autre obtention de Lemoine
    • P. ‘Flambeau’ : rouge sang à cœur jaune, double, à la longue floraison
    • P. ‘Monarch’s Velvet’ : rouge framboise à œil rouge grenat
  • Version orange :
    • P. atrosanguinea var. argyrophylla : orange abricot cuivré avec un feuillage argenté, idéal pour les rocailles
  • Version rose :
    • P. nepalensis ‘Miss Willmott’ : rose cerise, cœur rouge, à la longue floraison
    • P. x hopwoodiana : rose tendre saumoné, maculé de crème, au cœur couleur fraise, une obtention très ancienne
P. nepalensis ‘Miss Willmott’

Potentille arbustive

Avec les potentilles arbustives, vient une petite discussion botanique : une seule espèce ou pas ? Potentilla fruticosa regroupe en réalité la plupart de celles rencontrées dans les jardins. Elles sont originaires de tout l’hémisphère nord, Europe, Asie, Amérique et Caucase. Issues principalement des montagnes, elles sont très résistantes au froid et tolèrent la sécheresse malgré le fait qu’elles apprécient les prairies humides et bords de rivière. Leurs hybrides offrent des corolles plus grandes et fleurissent de manière durable, de mai aux gelées, dans toute bonne terre de jardin même calcaire. Le seul hic ? Elles refusent de pousser à l’ombre. Cela dit, leur silhouette compacte, – un port en boule parfois dressé ou étalé d’environ 1m de haut -, reste présente en hiver. Pour les garder en forme ou les rajeunir, il suffit d’enlever au ras du sol, les tiges faibles ou les plus anciennes, afin d’éviter les coupes disgracieuses en boule, qui pourraient gâcher la floraison.

P. f. ‘Abbotswood’

A épingler :

  • En blanc : la célèbre P. ‘Abbotswood’ : blanc pur, à cœur jaune
  • En jaune : citron doré chez P. ‘Elisabeth’ ou ‘Goldfinger’ ; jaune pâle chez : P. ‘Primrose Beauty’
  • En orange vif : P. ‘Hopleys Orange’
  • En rouge : P. ‘Red Ace’ vermillon aux reflets orange, ou ‘Marian Red Robin’,  rouge brique
  • En rose : P. ‘Princess’ : rose pâle à cœur jaune
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