Cette plante vivace robuste de la famille des Astéracées, cousine de la marguerite, offre une longue floraison estivale et automnale aux accents flamboyants et lumineux. Du jaune peps citron ou doré, mais aussi de l’orange, du rouge côté brique ou côté cuivré. Admirable en compagnie des graminées, naturelle avant tout, elle revient en force dans les jardins et est pratiquement incontournable dans les compositions naturalistes à la Piet Oudolf. Et quand on sait que la plante est originaire des grandes prairies d’Amérique du Nord, on comprend mieux pourquoi elle est incontournable dans les créations contemporaines.
Facile et florifère

Il existe environ 45 espèces et 70 variétés d’hélénies généralement vivaces, plus rarement annuelles ou bisannuelles. On ne lui connait que des qualités. D’une facilité déconcertante, elle apprécie les situations ensoleillées, accepte la plupart des sols mais avec une préférence pour les sols argileux, frais et fertiles et résiste bien au froid hivernal et aux sécheresses à répétition que nous connaissons aujourd’hui. Son entretien est vite fait : supprimer les fleurs fanées au fur et à mesure pour favoriser l’apparition de nouvelles et raser la plante défleurie à l’automne ou au printemps suivant. Quoique la plante défleurie reste encore attrayante avec ses petites boules plumeuses. La seule intervention utile étant la division des touffes tous les 3 ans pour redonner forme et vigueur à la plante et éviter que ses branches ne s’affalent sur le sol.


A croissance rapide, ses tiges élancées de 60 à 1m20 de haut, se dressent fièrement sans tuteur, tout en résistant bien au vent. Les petites feuilles allongées apparaissent tout au long de la tige et jusqu’à l’extrémité où éclosent des groupes de fleurs. Le tout est un brin désordonné, exubérant et sauvage… c’est cela qu’on aime. On pourrait confondre l’hélénie avec une marguerite, une Echinacea ou un Rudbeckia mais on la reconnait à son gros capitule brun velouté et bien rebondi. En d’autres mots, à son cœur rond proéminent et bombé, brodé d’une couronne d’étamines étoilées et entouré d’une collerette de fins pétales serrés, pouvant s’étaler presque horizontalement ou pendouiller vers le bas. Au rayon des maladies, rien à déclarer et au rayon des prédateurs, quelques limaces qui pourraient grignoter les jeunes pousses. Cela dit, je ne m’en suis jamais préoccupé.

Espèces et variétés d’hélénies
Si l’espèce botanique, Helenium autumnale, une vivace indigène d’Amérique du Nord aux fleurs jaunes, n’est pas utilisée dans les jardins, c’est au profit des nombreuses variétés issues de celle-ci.
La plus populaire

La plus célèbre d’entre elles est incontestablement Helenium ‘Moerheim Beauty’, rouge cuivré, une variété hâtive, – une des plus précoces -, haute de 90 cm, qui fleurit dès juin jusqu’en septembre. Son nom rappelle le jardin à Dedemsvaart, de la grande paysagiste hollandaise Mien Ruys, une des pionnières de l’architecture de jardin moderne et du style naturaliste. Le fameux jardin de Moerheim compte 30 espaces, consacrés notamment à l’expérimental, au sauvage, à l’eau … il est l’œuvre d’une vie, entretenu avec soin et choyé aujourd’hui par l’asbl Stichting Mien Ruys Tuinen. Pour les tous les passionnés de jardin et d’architecture paysagère, il reste un laboratoire à ciel ouvert et une grande source d’inspiration. En Belgique, caché derrière le château d’Oostkerke, aux environs de Bruges, on peut découvrir un magnifique jardin baigné de son savoir-faire, de son esprit et de la lumière du nord. J’y reviendrai lors d’un prochain article. Visite via l’asbl Jardins ouverts de Belgique : www.jardinsouverts.be
Les hélénies hâtives fleurissent d’environ mai à juillet
- Helenium ‘Mardi Gras’ : grosses fleurs couleur pêche et cœur brun. Floraison en juin, juillet et août.
- Helenium ‘Moerheim Beauty’ : fleurs couleur orange cuivré. Floraison en juin, juillet et août.
- Helenium ‘Rubinzwerg’ : grandes fleurs couleur rouge à orange. Floraison en juillet et août.





Les hélénies tardives ou hélénies d’automne dont la floraison débute en août
- Helenium ‘Bruno’ : rouge cuivré. Floraison de juillet à septembre.
- Helenium ‘El Dorado’ : fleurs couleur jaune d’or légèrement flammées en fin de floraison. Floraison d’août à octobre.
- Helenium ‘Ruby Tuesday’ : abondante floraison rouge rubis au cœur doré. Floraison d’août à octobre.
- Helenium ‘Goldrausch’ : fleurs jaunes flammées de rouge-brun. Floraison tardive d’août à septembre.
- Helenium ‘Indianersommer’ décline le rouge


La plus prometteuse

Helenium ‘Sahin’s Early Flowerer’ surpasserait les autres variétés par sa floraison flamboyante multicolore, – rouge et jaune -, particulièrement longue, d’août à décembre. La RHS (Royal Horticultural Society) lui a décerné un Award of Garden Merit bien mérité

En compagnie




C’est une bonne à tout faire. Dans les mixed-borders à l’anglaise, sur les talus, dans les pots et surtout dans les jardins champêtres voire naturalistes de style prairie. Plantée en masse, sa présence particulièrement forte mettra en valeur toutes sortes de graminées comme les Miscanthus ou les Molinia. Pour les amateurs de tonalités chaudes qui décoiffent, mariez-la avec les Echinacea, Rudbeckia, Achillea, Agastache, Verbena bonariensis, Phlox, Echinops, Aster, Kniphofia, Crocosmia ou Helianthus. Et enfin, n’oubliez pas qu’elle fait merveille dans les bouquets : les tiges sont bien solides et les fleurs tiennent longtemps dans les vases ! Last but not least, sachez que l’hélénie est mellifère. Elle est le rendez-vous incontournable des abeilles, papillons et autres insectes pollinisateurs utiles.

