Arthur et son petit potager bio

A 18 ans, aspirant pilote de ligne, Arthur habite à Wezembeek-Oppem, y cultive ses cucurbitacées, ses tomates et son compte Instagram dans le plus grand respect de la biodiversité
©Arthur Motté

Dans la lignée du film « Demain », de Greta Thunberg et de la prise de conscience environnementale générale, Arthur Motté est incontestablement un jeune homme de son temps. Un acteur du changement. Précurseur même, puisqu’adepte du potager dès l’âge de 7 ans, il a démarré sa propre expérience, voici 4 ans.

Alphonse, son voisin, était l’initiateur. Le maître à penser ou plutôt à jardiner. Il lui a appris le métier, lui a soufflé par-dessus la haie, les bons plans, trucs et astuces qu’il avait sans doute lui-même reçus d’un grand-père ou d’un voisin attentionné. Une formidable chaîne de transmission trop souvent interrompue par notre mode de vie actuel. Aujourd’hui, Alphonse n’est plus là mais Arthur, riche de ces expériences, conscient qu’une initiative locale peut soulever des montagnes, décide à son tour de perpétuer des méthodes écologiques traditionnelles ou innovantes inspirées de la nature.

15 m² de pur bonheur

L’espace déniché dans le jardin familial n’est pas immense mais il est suffisant. 15 m², sans compter le chemin et la petite terrasse, truffés de légumes qui se bousculent. Evidemment, avec l’envie chaque année d’essayer de nouvelles cultures comme l’un ou l’autre petit Cucamelon ou Cucuzzi démesuré, les astuces sont bienvenues pour agrandir le potager. Sur la clôture de châtaignier disposée tout autour en vue de l’isoler des prédateurs, il accroche des pots pour y faire pousser des salades alors que les tomates cerises vagabondent et se faufilent « à la diable » entre les barreaux. Au-delà, les tuteurs en bambou sont envahis de potirons ou courgettes et les plants de maïs escaladés par les haricots. Avec un peu d’imagination, et un peu de liberté, vous l’avez compris, tout est permis.

Les incontournables

Arthur a fait confiance au bon sens, à l’intuition, aux savoirs d’Alphonse. Le fameux dicton : « 1 binage vaut 2 arrosages » vaut son pesant d’or surtout en ces temps de réchauffement climatique et de restriction d’eau. Biner ? Cela revient tout simplement à casser la croûte du sol pour l’aérer délicatement et éliminer les herbes indésirables. Utile, voire indispensable, la binette figure d’ailleurs en bonne place dans sa précieuse liste d’outils.

Le deuxième conseil d’Alphonse concernant l’arrosage pourrait paraître étrange. Oui, il est efficace d’arroser le soir, au pied des plantes, mais surtout, il faut éviter de le faire trop souvent. Uniquement lorsque le besoin se fait sentir, dans le but d’habituer les plantes à s’en passer et se débrouiller toutes seules en obligeant les racines à aller plus profondément dans le sol. Arthur peaufine le raisonnement. Adepte de la technique ancestrale des oyas, il fabrique lui-même ces petits réservoirs d’eau en terre cuite, qui diffusent l’eau petit à petit grâce à leur texture poreuse. Dans son livre, il livre quelques explications avec photos à l’appui.

Bon et beau à la fois

Ses paniers de récolte débordent de légumes et de fleurs, ils font pâlir d’envie. Pas question pour lui de laisser le beau dans le jardin ornemental. Son potager doit aussi être un régal pour l’œil. Les haricots par exemple sont évidemment plantés pour leur qualité gustative et certaines variétés pour leurs jolies fleurs décoratives. Les dahlias, soucis et tournesols d’autrefois cohabitent avec les capucines, – dont il ne peut se passer -, cosmos, coquelicots, bleuets ou pois de senteur. Un joyeux méli-mélo de couleurs et de parfums. Sans oublier quelques sauvageonnes, contribuant elles aussi, à attirer les pollinisateurs, véritables auxiliaires du jardinier. Lorsque les fleurs se mangent, un must, il ne faut certainement pas s’en priver.

Potager connecté et livre à partager

Arthur est un « potagiste » confirmé et surtout connecté. Il cultive internet depuis sa naissance et surfe à volonté sur tout qui ressemble de près ou de loin à une binette ou une betterave. Depuis 4 ans, des milliers de followers le suivent sur la toile, son site internet, Facebook ou Instagram. L’enthousiasme étant communicatif, il y partage ses expériences avec plaisir et bienveillance. Un jour, les éditions françaises Ulmer, bien connues du petit monde jardinier, sont « tombées » sur lui… la suite ne s’est pas fait attendre.

Dans cet ouvrage pratique, rien n’est laissé au hasard. L’emplacement idéal, les outils nécessaires, la qualité du sol, l’arrosage ou l’entretien. Le tout agrémenté de fiches détaillées pour les légumes, d’une précieuse to-do list bien documentée et d’un joli croquis de plantations basé sur les principes de rotation ou les amis de cultures. Tout est simple, commenté, expliqué… cela sent le vécu et cela se passe près de chez nous.

Une question que nous n’avons pas posée ?

Arthur nous demande si, comme la plupart des gens, nous ne sommes pas étonnées d’apprendre qu’il a entamé des études de pilote de ligne. Loin de nous cette idée, persuadées qu’il aura toujours dans son éden gourmand, l’occasion et l’envie de se ressourcer dans le calme, pour revenir à l’essentiel… les mains dans la terre.

Pour mieux connaître Arthur

  • Livre : Mon petit potager bio sur 15 m², Arthur Motté, Editions Ulmer, Paris 2020, ISBN 978-2-37922-086-9
  • www.lepotagerdarthur.com et Facebook et Instagram
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