Papaver somniferum ‘Hungarian Blue’

En chemin, non loin de la rive, notre regard a été attiré par l’abbaye d’Engelszell, la seule abbaye trappiste du pays et par un champ de … pavots somnifères appelés aussi pavots à opium cultivé à ses pieds. Le Papaver somniferum ‘Hungarian Blue’ ou pavot bleu de Hongrie à la robe plus violette ou mauve que bleue est une variété ancienne généralement assez rare sauf dans cette région. La raison ? Elle produit des graines comestibles dès qu’elles sont sèches, qui décorent les pains et les pâtisseries dont les Autrichiens sont très friands.



Sur une tige dressée d’environ 75 à 90 cm de haut, des fleurs simples en forme de coupe, exhibent des pétales soyeux, comme du papier crépon, dont l’intérieur présente des taches plus foncées. Cueillies en boutons, elles font merveille dans les bouquets, même si elles ne durent pas longtemps. Cela dit, les fleurs sont suivies de capsules vert bleu laiteux remplies de graines, qui restent très décoratives.


A semer au soleil, d’avril à juin, en pleine terre sans trop recouvrir les graines.

Pour en savoir plus, voir mon article https://nouvellesdejardins.be/plantes/plantes-vivaces/ephemere-mais-charmant-comme-un-pavot/
Tulln, la ville jardin




Tulln est une étape du Danube et une ville-jardin qui vaut le détour. Les ronds-points et les massifs publics y sont joliment plantés. Mais ce n’est pas tout. Il y a aussi les fameux jardins d’exposition, créés en 2008, qui sont devenus permanents et qui, en 2014, ont reçu le label de jardin botanique. En réalité, on compte 70 petits jardins thématiques, tous différents les uns des autres, mis en scène par des paysagistes, des pépinières, des écoles ou associations. Jardin sec, d’eau, de sable, à l’anglaise, alpin, de balcon, de graminées, de perspectives, de roses, d’hydrangeas, des cimes, doré et argenté… leur qualité première, est de donner de bonnes idées à piquer çà et là. Toutes ces compositions sont conçues de manière strictement écologique, sans pesticides, ni engrais chimique, ni tourbe, ce qui ne gâche rien. Ce projet durable unique était la première exposition horticole écologique d’Europe.











Le bouleau, une tradition populaire et chrétienne
Certaines régions européennes comme l’Allemagne, l’Autriche ou la Suisse célèbrent avec ferveur la Fête Dieu ou fête du Saint-Sacrement, le deuxième jeudi après la Pentecôte.

Dans les villages et les villes comme Linz ou Vienne longeant le Danube, nous avons découvert des jeunes branches de bouleau sur les façades des maisons, au bord des rues, autour des reposoirs, ces autels érigés sur la route de la procession et à l’intérieur des églises.
Là-bas, le bouleau, avec son écorce blanche et ses feuilles de printemps, symbolise la vie, la renaissance et la pureté. A la fin de la cérémonie, les branches sont partagées et viendront protéger les familles, les maisons et les étables.
Ces mêmes villes et villages exhibaient encore au centre de leur place principale, le « maibaum » ou arbre de mai incarnant le renouveau du printemps. Erigé dans la nuit du 30 avril au 1er mai au-dessus d’un mât de plus de 20m, il s’agit généralement d’un épicéa orné de rubans colorés.
Cela dit, j’ai appris aussi que le tilleul était un des arbres le plus planté en Autriche. La semaine dernière, ils étaient tous tellement chargés de fleurs, qu’elles couvraient le feuillage. Leur doux parfum flottait autour de nos bicyclettes. On les appelle les « Tanzlinden » en dessous desquels on danse, on se rassemble au beau milieu du village. Sans compter qu’ils vous régalent avec leur miel au goût légèrement mentholé et vous relaxent avec leurs fleurs et bractées séchées.


Treegator ®Original
A plusieurs reprises, le long du parcours, nous sommes interpellés par de gros sacs en plastique vert installés auprès de jeunes troncs d’arbres. Une étiquette sur l’un d’eux nous éclaire. Il s’agit de sacs d’arrosage à diffusion lente. Fabriqués aux USA depuis plus de 30 ans, à partir de matériaux de grande qualité protégeant des UV, ils diffusent un arrosage en profondeur, favorisant l’enracinement et atténuant les effets du choc de transplantation et de sécheresse. Le sol n’est pas tassé par un arrosage excessif et rapide et a le temps d’absorber l’eau, tout comme les racines. D’une capacité d’environ 55 litres, il permet d’arroser efficacement les arbres dont le diamètre est compris entre 2,5 et 20cm, pour une durée d’environ 9h, soit une à deux fois par semaine, en fonction des conditions météo, de l’arbre et du sol.

Rien de plus facile à installer : une tirette éclair à fermer tout simplement et un remplissage sans effort en quelques minutes. Economique, il évite les pertes d’eau dues au ruissellement ou à l’évaporation ; réutilisable, il servira à chaque nouvelle plantation, pendant la première saison de croissance de l’arbre, du printemps à l’automne. En cas d’arbre de taille XXL, il est possible de zipper ensemble deux sacs à eau ; on peut dès lors compter sur un volume total d’environ 85 litres d’eau.
En cherchant un peu sur le net, j’ai notamment pointé les pépinières De Bruyn en Belgique qui vendraient ce produit : www.boomkwekerij-debruyn.com
Vienne, ses parcs et ses jardins
A la fin du parcours, nous sommes arrivés aux portes de la capitale autrichienne. L’envie de découvrir ou revoir ses oasis de verdure était bien présente.





Notre premier arrêt fut pour le Belvédère, un modèle de l’art des jardins autrichiens. Constitué de deux palais, un supérieur plutôt spectaculaire et un inférieur plus intime ; ils sont édifiés au début du XVIIIe par le prince Eugène de Savoie. Utilisant la légère déclivité entre les deux, il les fit relier par deux immenses terrasses agrémentées de cascades, d’escaliers, de broderies de buis, de haies, de bosquets et de pelouses. Le résultat ? Une parfaite harmonie entre les jardins et les palais ! Indéniablement, on ne peut s’empêcher de penser à Versailles.



Un peu plus loin, les jardins d’été de Schönbrunn dessinés à la gloire des Habsbourg, ont globalement conservé leur tracé du XVIIIe siècle. Commencés par Léopold I et terminés par Marie-Thérèse, ils sont de véritables havres de verdure. Des jardins à la française transposés là-bas, avec allées de gravier, bordures de buis et parterres de fleurs. L’ensemble est grandiose. L’axe central relie le château à la fontaine de Neptune située au pied d’une colline couronnée par l’imposante gloriette, sorte de belvédère ressemblant à un arc de triomphe.



Puis, nous continuons vers le quartier des maisons boisées de l’architecte Hundertwasser, aux façades multicolores et aux formes audacieuses qui font littéralement entrer la nature dans la ville. Une œuvre avant-gardiste de jardin à la verticale.

Voir mon article : Hundertwasser, quand l’architecture rencontre la nature https://nouvellesdejardins.be/visites/allemagne/hundertwasser-quand-larchitecture-rencontre-la-nature/
