A Bousval, vive le printemps !

Un jardin beau à toute saison ? C’est possible ! Ginny et Jon Caldwell ont réussi le challenge. Dès février, c’est la fête des bulbes, avant la ronde des rhodos, des rosiers, puis des feuillages d’automne et enfin des structures et silhouettes hivernales.

Il y a 13 ans, les époux Caldwell décident de se poser. Un coin de terre abandonné depuis 50 ans, envahi de ronces, d’érables sycomores et bouleaux leur tend les bras. Jon est à la retraite et Ginny, qui a toujours d’excellentes idées, lui propose la vie au grand air et la création d’un jardin. Bien plus amusant à son avis que de se cloitrer devant l’écran d’un ordinateur… C’est ainsi que l’aventure commence.

L’énergie et l’enthousiasme sont là. Avant d’entamer la construction de leur maison de rêves, ils décident de soigner les alentours en imaginant un jardin à partir de rien. En 2005, une première partie est dessinée ; 4 ans plus tard, la maison sort de terre. Aujourd’hui, le jardin secret, le petit dernier, auquel on accède par un chemin étroit, cache une halte bienvenue.

Cet éden aux ambiances variées, parsemé de nombreuses statues est devenu un must. Luc Noël y a filmé des émissions de Jardins & Loisirs et des magazines belges, français, italiens et anglais lui ont déjà consacré un article. Il était donc grand temps, que le Quid de La Libre Belgique lui rende hommage.

Les débuts

Avant d’entreprendre un schéma de plantation dans un sol acide propice à la culture des rhododendrons et autres azalées qu’affectionne particulièrement Ginny, il faut commencer par défricher, déplanter, nettoyer et parcourir un terrain d’1 ha en forte pente. Le dénivelé entre le haut et le bas du jardin est d’environ 10m. Inutile de tergiverser longtemps pour son aménagement, la seule solution étant de créer des nivellements et quelques plats reliés entre eux par des escaliers. Quelques haies de hêtres sont plantées à la transversale pour diviser le jardin et protéger du vent.

La terre argileuse, malgré quelques poches de sable, est bien lourde à travailler. Mais qu’importe, pour des jardiniers originaires de Grande-Bretagne où les traditions horticoles sont tendances, le résultat sera à la hauteur. Jon ne recule devant aucune tâche difficile. Bricoleur et jardinier, il avoue d’ailleurs épandre chaque année 480 brouettes de compost stérilisé au pied de ses plantes. 4 étangs sont creusés dans le but d’y attirer une flore et surtout une faune particulière. Ginny a déjà recensé pas moins de 51 espèces d’oiseaux différentes. Autour de la pièce d’eau principale est installée une rocaille parsemée de bulbes et de végétaux de milieu drainé comme des plantes alpines, des tulipes botaniques ou de charmantes petites primevères qui l’envahissent à souhait.

Les saisons

Un jardin agréable pendant toute l’année est le programme de tout jardinier qui se respecte. Ici, le spectacle commence dès février avec les bulbes. Chaque année, Ginny choisit dans les catalogues spécialisés, les 10.000 bulbes que Jon va planter en septembre. 2000 perce-neige qui annoncent le printemps, 500 tulipes déclinées en 5 couleurs et toute la gamme des narcisses, de différentes hauteurs, en commençant par des hâtifs comme ‘Tête à tête’ pour terminer par des tardifs comme    ‘Sir Winston Churchill’ aux fleurs doubles. La plantation des bulbes en larges touffes est toujours gagnante et assure généralement 3 mois de couleurs. Indispensable au nord de l’Europe, où il n’y a pas grand-chose à contempler en cette saison, nous dit Ginny. Pour les placer, Jon avoue qu’il ne peut s’empêcher d’agrandir les parterres, de grignoter la pelouse, ou de garnir les nombreux pots et jardinières.

Pour patienter avant la floraison des centaines de rosiers, ils jettent leur dévolu sur la famille des rhododendrons qui enchante le mois de mai. Avec eux, les couleurs éblouissantes voire pétaradantes tel le rouge, le pourpre ou le fuchsia. En juin et juillet, ils calment le jeu avec les roses aux tons pastel plus doux. Les couleurs doivent, pour eux, suivre la lumière. A partir d’août, elles sont saturées avec les dahlias, asters et autres chrysanthèmes et tempérées par les graminées ondulant sous le vent. Enfin vient le temps des magnifiques feuillages d’automne et des lumières d’hiver captées au détour d’un chemin, assis sur un banc idéalement placé.

 Le sous-bois

La promenade nous conduit tout en bas dans le sous-bois où le climat est nettement plus doux. Parfois, 5 °de différence avec le haut de la parcelle battu par les vents. Inspirés par le jardin mythique de Bressingham dans le Norfolk du célèbre pépiniériste Alan Bloom, des îlots de verdure ponctuent et divisent la pelouse en plusieurs zones. Beaucoup d’arbustes aux jolis feuillages, une collection d’érables japonais, – environ 60 variétés différentes -, des Hydrangea pour l’été, des Hamamelis pour l’hiver sans oublier les nombreux rhododendrons et les conifères au feuillage persistant. Au bord de l’étang, sur la terrasse de la cabane, on a une vue panoramique sur cette partie du jardin.

Les serres

Pas de jardin sans verger et surtout sans potager. Un peu à l’écart, le toit d’une jolie serre anglaise de style victorien attire le regard. A l’intérieur, des semis de sweet pea, les incontournables pois de senteur et des pots de géraniums odorants ou de primevères de collection, attendent les beaux jours pour être sortis. Tout autour, des parcelles géométriques sont préparées minutieusement pour recevoir les légumes. Une charmante mini serre accueille déjà les premières salades. Dans le haut du jardin, une troisième serre de style art nouveau, reçue comme cadeau d’anniversaire, abrite les plantes les plus délicates. Un régal jardinier.

Infos pratiques

Via l’asbl Jardins ouverts de Belgique: www.jardinsouverts.be

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