Les roses, reines du château d’Hex

Avec le mois de juin, le temps des roses. A Hex, le we des 13,14 et 15 juin leur est dédié. Elles se faufilent partout. Au beau milieu des parterres, du potager, le long des murs, balustrades ou à l’assaut des arbres. Une nouvelle élue y sera baptisée

Dans le Limbourg, près de Tongres, se cache un grand domaine voué essentiellement aux roses anciennes et botaniques. Au total, plus d’un millier de roses et des centaines de variétés différentes. Les premières, importées de Chine et des quatre coins du monde via la Compagnie des Indes, y sont plantées dès le XVIIIe, époque à laquelle existe un véritable regain d’intérêt pour les rosiers. Aujourd’hui, elles foisonnent de plus belle créant de superbes tableaux aux couleurs chatoyantes. A découvrir.   

L’histoire du domaine

A la fin du XVIIIe, le Prince-Evêque de Liège, Charles- François de Velbrück, construit sa résidence de campagne, un pavillon de chasse de style mosan dans ce vallon hesbignon proche de sa principauté. Il décide de l’agrémenter de jardins formels sur 5 ha et d’un parc à l’anglaise de 60 ha dans un style purement paysager. Un des premiers du continent. Un grand potager en contrebas longé par un haut mur de soutènement abrite quantité de fruits et légumes. Depuis, plusieurs restaurations de ces jardins sont entreprises. Le parc paysager par l’architecte paysagiste Louis Fuchs, les parterres de broderie du jardin « à la française » par Jules Janlet en 1915. Aussi le dessin régulier de la cour principale et les hautes charmilles. Dans les années 90, Jacques Wirtz intervient pour  réaménager les terrasses. On peut vraiment dire que ce domaine reflète plusieurs siècles d’art des jardins. Mais ce n’est pas tout. C’est avant tout un lieu qui vit avec son temps. Depuis des générations, la famille d’Ursel l’entretient au bouton avec enthousiasme et grand soin.

A Hex, toute l’histoire de la rose

Une rose n’est pas seulement celle d’un bouquet trônant sur la table de salon. C’est au départ, une fleur sauvage, une églantine assez simple, apparue dans l’hémisphère nord et s’épanouissant en été sur un buisson plus ou moins épineux. A l’origine, on compte environ 200 espèces. Seulement. Des siècles d’hybridation, de sélection et de croisement divers nous donnent aujourd’hui un éventail  extrêmement large. Époustouflant. Des milliers et des milliers de variétés différentes. Des fleurs simples, doubles ou pleines, des couleurs étonnantes et multiples, des floraisons uniques ou remontantes (à plusieurs reprises), avec ou sans parfum, des couvre-sol, des arbustives ou grimpantes voire des lianes. Aujourd’hui, il y a de quoi en avoir le tournis et perdre son latin. Mais au fond, est-il si important de savoir à quel groupe appartient le rosier du jardin ?

R. ‘Gravin Michel d’Ursel’

En deux mots, pour garder l’esprit relativement clair et se repérer, sachez que dans nos pays, les Rosa canina, les plus communs de nos rosiers sauvages, côtoyaient jadis les Rosa gallica.  Arrivèrent ensuite, les tous premiers hybrides, les rosiers alba et ceux de Damas. Plus tard vers le XVIe, les premières roses centifolia aux fleurs pleines souvent parfumées et au XIXe les roses chinoises si raffinées. Puis, de multiples croisements ont donné naissance à la lignée des Noisette, à celle des Bourbon et des hybrides de thé, la lignée dominante au XXe. Avant la venue des roses anglaises.

Festival of plants

Si vous voulez mettre la théorie en pratique, allez mi juin faire un petit tour à Hex.  Son festival of plants rassemble les spécialistes et amateurs de jardin. Plusieurs  rosiéristes seront présents. Les pépinières belges Lens Rose,Daniel  Schmitz Roses, la hollandaise De Bierkreek, et l’allemande, Vierländer Rosenhof.

Les anglais Martyn Rix et Roger Phillips, éminents experts en botanique, seront une fois encore au rendez-vous. Le premier présentera ses ‘botanical paintings’ et le second son nouveau livre intitulé : Wild food, a complete guide for foragers.

Cette année, le thème est centré sur les saveurs et les parfums. Du potager à l’assiette. Différents chefs dont Gérald Watelet et Claude Pohlig seront à l’œuvre après avoir glané des légumes de saison au potager ou jeté leur dévolu sur les pissenlits, racines et autres glands… Peter Bauwens de la Pépinière De Nieuwe tuin  exposera une vingtaine de chicorées et Radicchio différents, de quoi émoustiller les curieux. Chez Lens Roses, des confitures et des tisanes à base de roses et à la pépinière Silene, spécialisée en plantes annuelles, un tapis de légumes.

Baptême

Le baptême d’une rose (ce vendredi 13 à 11h30) est un événement charmant. Mais lorsqu’une rose d’Ann Velle-Boudolf de la Pépinière Lens Roses est dédiée à Édouard Vermeulen dans un cadre enchanteur, il devient incontournable.

On ne présente plus Édouard Vermeulen, grande figure de la mode belge dont le nom est associé à la maison Natan. Inspiré notamment par la nature, – le camélia et l’orchidée  illustrent ses créations –, il aime retrouver les roses de son jardin, loin du brouhaha de la profession.

Ann Velle-Boudolf a, elle, repéré dans les champs d’expérimentation de sa pépinière, un rosier au charme incomparable. Issu d’un croisement effectué en 2010, il exhibe des bouquets d’environ 7 à 30 fleurs doubles et refleurit tout l’été. Sa couleur délicate indéfinissable rappelle les camaïeux de « nude », cette teinte légèrement rosée proche de la couleur chair, doublée d’un léger voile poudré et si chère à Édouard Vermeulen. Ann précise : « Son bouton lilas/rose devenant lilas/rose léger s’ouvre vieux rose. Les pétales ont une note jaune doux à leur base, dans le centre. » Mais ce n’est pas tout. « La fleur se comporte d’abord comme un rosier classique bien formé puis s’ouvre pour montrer ses étamines». Last but not least, « il exhale un parfum d’agrume » et produit des épines. Un défaut ? Certainement pas ! « Un rosier avec du caractère doit avoir des épines, n’est-ce pas ? »

INFOS PRATIQUES

Kasteel Hex à B 3870 Heers                                                                      www.hex.be

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