Les Jardins fruitiers de Laquenexy près de Metz

A Metz, Les jardins pour tous, des clefs pour réussir…

Jardins sans limites

Metz au cœur du monde des jardins ? La Moselle a toujours eu il est vrai, un patrimoine végétal considérable. Qui ne connaît la mirabelle de Nancy, les vins blancs de la région, les lilas et pivoines de Victor Lemoine et Félix Crousse et les somptueux vases  d’Emile Gallé ? Tout a véritablement commencé lors de la mise sur pied en 1998 du projet intitulé « Les jardins sans limites » de la Moselle et sa voisine la Sarre avec la bénédiction de l’Union Européenne. Un programme ambitieux d’élaboration d’un véritable réseau de jardins thématiques, créés ou  recréés dans un esprit résolument contemporain. Aujourd’hui, 23 jardins sont réalisés. Le dernier, le Parc des Quatre Saisons à Losheim am See en Sarre est né en mai 2010. Un 24ième projet est en route. Tous, ils allient intérêt botanique et paysager grâce à un dessin rigoureux, généralement l’œuvre d’un paysagiste renommé. A cela s’ajoute une dimension patrimoniale liée à l’histoire du lieu et une grande préoccupation pédagogique.  De quoi sauter les frontières au cœur de l’Europe, en passant de Thionville, à Metz, Sarreguemines, Bitche, Schengen et  Sarrebruck.

Piquons les idées

Aux Jardins Fruitiers de Laquenexy, comme à Chaumont-sur-Loire, le visiteur vient piquer des idées de nature. Sans doute une des clefs de la réussite d’un jardin ouvert pour tous. Pascal Garbe en est  l’instigateur. Paysagiste diplômé de l’école d’architecture du paysage de Gembloux, il est le  directeur de ce jardin des saveurs. Il en a établi le parcours et a dessiné les différentes chambres de verdure à l’origine des multiples jardins thématiques. Le lieu, un petit village agricole situé non loin de Metz, appartenant aujourd’hui au Conseil Général de la Moselle voit débuter en 1904 son histoire horticole alors allemande. A l’époque où règne encore le phylloxéra qui anéantit les vignobles, on y plante et y teste des vignes résistantes. Puis l’attention se porte sur l’expérimentation de fruitiers. Les prunes, dont la célèbre Mirabelle de Nancy, les pommes et les poires. Sans oublier les fraises dont les ‘Belles de Woippy’ du nom d’un village voisin. Un véritable patrimoine de 15 ha à sauvegarder. Fin des années 90, Laquenexy devient une des plus importantes collections fruitières comptant plus de 1000 variétés. Depuis 2008, une nouvelle aventure réhabilite ce site. L’ouverture au public du verger conservatoire couplée à la création d’un jardin au pays des sens. Pour les politiques, une vitrine à la gloire de la culture fruitière du département et du savoir-faire arboricole et pour le visiteur, la découverte d’un lieu magique où beauté rime avec rigueur didactique. Les nouveaux Jardins Fruitiers de Laquenexy rejoignent alors le réseau transfrontalier « jardins sans limites » et reçoivent le label « jardin remarquable » octroyé par le Ministère de la Culture. Un pari qui semble déjà gagné pour un jardin conçu sans être adossé à un quelconque site touristique.

Les fruits

L’ossature du jardin est faite d’alignements d’arbres fruitiers sur les flancs ensoleillés des coteaux de la Nied. Choisis selon le terroir et le climat, selon le porte-greffe le mieux adapté au sol, ils sont testés et expérimentés. Particulièrement les pommiers et les mirabelliers.

Un labyrinthe ouvre la danse. Le curieux aime s’y perdre parmi les Aster ‘Vasterival’, petit clin d’œil à la Princesse Sturdza que Pascal Garbe a eu la chance de côtoyer. Constitué de formes palissées de pommiers, il exhibe toutes les techniques de palissage possibles et imaginables. Celles chères au potager de Versailles et d’autres. A rendre La Quintinie fou de jalousie. La palmette « Verrier » mise à l’honneur par la dynastie Chotard figure auprès de silhouettes aussi alambiquées  que bizarres en passant du « trident » au trident avec cercle sur l’axe, à la palmette ondulée… A reproduire chez soi par les plus téméraires. En face de ce labyrinthe, un verger de pommiers s’inscrit dans le paysage environnant. Un chemin engazonné bien tondu sépare les carrés  de prairie fauchée en fin de saison. Plus loin, une allée de noisetiers remet à l’honneur quelques vieux spécimens à l’ombre desquels se plaisent les plantes de sous-bois. Elle mène à la clairière des nèfles qui nous rappelle qu’il y a cent ans, la sentinelle du lieu était un vénérable Mespilus germanica.

Les sens

Des chambres de verdure se blottissent derrière des haies de charmes. De longs rectangles jardinés au service des sens. L’odorat est titillé par les parfums des fleurs et feuillages, le toucher sollicité par leurs textures, l’ouïe attirée par les bruissements de l’eau et des oiseaux. La vue est charmée par les diverses couleurs et le goût est à l’honneur parmi les saveurs.  Que ce soit sur la terrasse aux agrumes, sous le tunnel des courges ou dans le potager d’un curieux. Plusieurs bacs en carré surélevés regorgent de plantes plus ou moins connues et parfois étranges. On y saute d’un continent à l’autre. Le poivrier du Sechuan côtoie la claytone de Cuba ou le chervis de Sibérie.

Au fil de la balade, on s’arrête dans le carré des fleurs à croquer. Pascal Garbe a sans doute été à l’école de l’audacieuse Jelena de Belder, auteur avant la lettre de l’ouvrage : « De la Saveur des Fleurs, A la découverte de la cuisine aux fleurs ». Ici tout est bon à grignoter. Un livre de recettes à ciel ouvert. Bourrache, hémérocalle, hosta, agastache. Le tout dans des bacs surélevés, bordés d’un entrelacs métallique rappelant les plessis en bois des jardins du Moyen Age. Vient alors le tour du jardin des petits fruits. Tout en cercles et en rondeur. Framboises, groseilles et autres fraises se mélangent aux ronces et autres baies intéressantes. Dans l’enfilade, un dernier jardin est consacré aux herbes et feuillages aromatiques.

Epicure

A Laquenexy les saveurs sont le fil rouge des jardins. Le potager d’un épicurien en est l’apothéose. Celui dont tout le monde rêve. Celui du bon père de famille. Avec des potimarrons énormes, des pois de senteur, des ‘Cœur de bœuf’ exquises, des petites ‘Ronde de Nice’ et des choux alléchants et des tas de douceurs et de promesses. Assis près de la jolie serre à l’ancienne, on se met à savourer l’instant présent. Ni plus ni moins. Avant de se laisser aller au péché de gourmandise et déguster quelques légumes ou fruits délicieusement « maison ». Après un an seulement d’existence, la cuisine du restaurant, A la pomme bleue, est entrée dans le guide Michelin.

Thématiques

Deux jardins différents attirent encore l’attention. Le jardin éphémère accueille chaque année une réalisation exceptionnelle. Pendant toute la saison, différents évènements s’y succèdent. Enfin, derrière une haie de Taxus et à l’intérieur de claustras rouge foncé demeure le jardin interdit. Celui des plantes toxiques. De quoi frissonner. L’Arum italicum vole la vedette à l’Aconit alors que le Rhus toxicodendron reste sagement enfermé dans sa cage métallique.   

 De-ci de-là, des sculptures ponctuent et animent le parcours.

INFOS PRATIQUES

4 Rue Bourger et Perrin à 57530 Laquenexy

www.jardinsfruitiersdelaquenexy.com

www.jardins-sans-limites.com et www.mosl-tourisme.fr

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