Sur la route des vacances, Powis Castle

On sait que le pays de Galles compte des côtes sublimes, des montagnes, des parcs naturels, des villages pittoresques et des landes parsemées de moutons Mais savez-vous qu’il s’y cache aussi quelques beaux jardins, de vraies pépites à visiter au moins une fois dans sa vie ?

Les amateurs de bronzage et de pastis n’opteront pas pour le Pays de galles. En revanche, ceux qui recherchent la beauté des paysages ou les balades dans un pays préservé seront aux anges. Quant aux habitués des virées jardinières annuelles, l’appel de Powis castle résonne toujours à leurs oreilles. Une forteresse extravagante en pierre calcaire rouge construite dès le XIIIème siècle sur un promontoire rocheux, entourée d’un somptueux jardin.

Un brin d’histoire

Le jardin de Powis réunit à lui tout seul des éléments de différentes époques. Des terrasses et un parterre d’eau du XVIIe, un parc paysager du XVIIIe et un jardin typiquement édouardien du début du XXe. Appartenant depuis 1952 au National Trust, – asbl incontournable au Royaume uni chargée de la préservation du patrimoine -, il était auparavant la propriété de la famille des comtes et marquis de Powis qui transformèrent l’austère forteresse en résidence confortable. Au cours des siècles, plusieurs membres de la famille s’intéressent à l’art des jardins. Notamment William Herbert, 1er marquis de Powis qui décide en 1680 d’installer sur la pente abrupte, une série de terrasses de 152 m de long, inspirées du château royal de Saint-Germain en Laye aujourd’hui disparu. 20 années plus tard, un parterre d’eau de style baroque hollandais, avec  bassins, jeux d’eau, statues et topiaires élégantes, vient prendre place sur le grand plat, au pied des terrasses.

Au XVIIIème, dans la plupart des grandes propriétés qui se respectent, on passe à autre chose. Ici aussi. Un jardin paysager moins guindé avec vallonnements, bosquets et lignes sinueuses est créé en face du château. Désuet, le parterre d’eau est alors éliminé sans regret. Heureusement, vu la hauteur du dénivelé, les terrasses sont épargnées par la déferlante paysagère.

Un siècle plus tard, après de multiples rénovations et abandons, le jardin est totalement repris en main par Lady Violet, comtesse de Powis, qui non seulement entreprend une large restauration des terrasses mais décide aussi de créer un nouveau jardin dans l’ancien potager en contrebas.

Aujourd’hui, sous la houlette du National Trust, le jardin est impeccablement entretenu. Les éléments historiques côtoient harmonieusement les plantations réalisées dans un style résolument actuel.

L’Italie de la Renaissance

A Powis, il est parfois difficile de penser que l’on est au beau milieu de la campagne galloise. Ses immenses terrasses, qui en font le jardin le plus théâtral du Royaume Uni, sont baroques à souhait. C’est le seul ensemble de cette époque ayant survécu jusqu’à nos jours. Les détails ne trompent pas. Des balustrades en pierre, des escaliers monumentaux, des statues en plomb représentant bergers et  bergères, des pots en terre cuite au sommet des pilastres, on se croirait en Italie, le ciel bleu et le soleil en moins.

Sur la terrasse de la volière, – du nom de la volière monumentale adossée à la paroi rocheuse -, à l’abri des vents, les conditions de plantation sont méditerranéennes. A l’intérieur, des Ficus pumila aux petites feuilles persistantes envahissent les murs comme dans le sud, sur les colonnes des villas palladiennes.  Sur la terrasse du haut, quelques belles exotiques, tropicales ou subtropicales comme les Tetrapanax, Yucca ou bananier, poussent sans souci. Sur la terrasse inférieure de l’orangerie, devant les bâtiments de briques et de pierre, une double mixed border, typiquement  « Jekyllienne », ravit les amateurs de fleurs.

Les géants

Uniques, des topiaires d’ifs, Taxus baccata, font eux aussi la réputation de Powis. 14 dômes énormes aux formes improbables et indisciplinées, sorte de rempart de verdure au pied des murs du château sont doublés à l’extrémité d’une des terrasses, d’une haie d’ifs d’une dizaine de m de haut, courbés avec l’âge. Gigantesques, ils sont tous en parfaite harmonie avec l’envergure du château et s’ils ont perdu pas mal de leur géométrie d’origine, c’est sans doute le résultat des différentes périodes d’abandon du lieu et le résultat de tailles inappropriées. Aujourd’hui, on les surnomme avec tendresse, les « happy mistakes » ! Sachez, pour la petite histoire, que pour tailler ces monuments à la fin de chaque été, trois hommes sont nécessaires pendant environ 3 mois. Et le tout, à la cisaille à main …of course.

Les bonnes idées de Violet

Pour découvrir les jardins créés entre 1891 et 1929, il faut emprunter un tunnel d’ifs puis une charmante allée sinueuse bordée de hauts murs de buis descendant jusqu’au bas des terrasses. Là, se cachent le jardin formel, celui de la fontaine et celui du croquet. Beaucoup de roses et de plantes vivaces dans le style « cottage garden », comme les Phlox, Delphinium ou campanules y sont installées dans des mixed-borders. Deux lignes de pommiers et poiriers centenaires taillés en pyramide et une pergola en forme de tunnel envahie par des vignes rappellent que le lieu était occupé auparavant par un potager et un verger.

Infos pratiques

Welshpool Powys SY21 BRF

www.nationaltrust.org.uk/powis-castle

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