News de janvier 2025

2024 est derrière nous. Bonjour 2025 ! Le petit Cyclamen coum, annonciateur de lumière donne des couleurs à l'hiver. Tous mes meilleurs vœux !

Au menu de janvier, une note poivrée, une rubrique who is who et une conférence d’exception bien au chaud dans son canapé …

Une note poivrée pour pimenter votre univers ?

Z. simulans

Vous avez dit Zanthoxylum …Poivrier ou faux-poivrier ?

Cette année, lors de différentes fêtes des plantes, j’ai remarqué à plusieurs reprises de beaux Zanthoxylum, parfois orthographiés Xanthoxylum. Des arbustes élégants appelés poivriers, faux-poivriers, clavaliers ou poivriers de Sichuan. A La Feuillerie à Celles, la Pépinière Cambium présentait à son stand quelques espèces. J’y ai découvert Zanthoxylum simulans, Z. coreanum, Z. americanum et Z. bungeanum. De quoi susciter ma curiosité !

Dans tous les cas de figure, on ne parle pas ici du poivre classique, Piper nigrum, le poivre noir de la famille des Piperacées. Celui-là est une plante tropicale, une liane qui exhibe après la floraison, des petits fruits au goût piquant récoltés à différents stades de maturité. Celui qui nous occupe est un faux poivrier appartenant à une autre famille, celle des Rutacées comme les agrumes, notamment Poncirus trifoliata, le citronnier épineux rustique chez nous. Originaire principalement d’Asie, Chine, Japon, Corée ou Népal, il pousse facilement chez nous.

Rustique, – il supporte -15°C -, au soleil ou à mi-ombre, il croit rapidement et élégamment jusqu’à 3 ou 4m de haut. Lorsqu’on aperçoit ses épines sur le tronc et le feuillage, on ne peut pas le rater. Les feuilles caduques, pennées, fines et dentées, ressemblent à celles du frêne ; parfumées, elles exhalent un doux parfum de citron. En automne, avant de tomber, elles se parent d’or ou de feu. Après une floraison verdâtre assez insignifiante, des grappes de petites baies roses ou rouges, globuleuses, de 4 à 5 mm de diamètre, apparaissent à la fin de l’été. Ce qui nous intéresse n’est pas la graine noire du fruit non consommable mais bien le péricarpe ou l’enveloppe rouge et parfumée qui la protège. Lorsqu’à maturité elle est séchée et moulue, elle devient cette épice qui fait partie du mélange traditionnel des 5 baies avec le clou de girofle, la cannelle, l’anis étoilé et le fenouil.

Pierre Lefebvre de la Pépinière Cambium spécialisée dans la production en pleine terre et en pots d’arbres et arbustes cultivés en bio, propose différents « poivriers de Sichuan » au sens large.

  • Z. simulans a une envergure de 3m x 3m
  • Z. bungeanum a un développement plus modeste et des feuilles plus petites
  • Z. coreanum : provenant de Corée, est un peu moins épineux. Pour sols frais.
Z. americanum

Il vend également un américain moins connu que l’on repère aussi au Canada, Z. americanum, qui lui, est vigoureux et bien résistant au froid, jusqu’à -25°C.

Un conseil : pour obtenir une profusion de fruits, il est utile de planter deux spécimens pour permettre une pollinisation croisée.

www.pepinierecambium.com

Cela dit, encore quelques mots pour éviter les confusions.

  • Zanthoxylym piperitum, un autre poivre du Sichuan est souvent pris pour Z. simulans ; il offre en effet pratiquement les mêmes saveurs. Z. p. ‘Black Magic’ ou ‘Purple Leaf’ a un feuillage pourpré assez délicat.
  • Zanthoxylum schinifolium appelé le poivrier coréen de Sansho est une autre espèce que l’on rencontre plus rarement.
  • Zanthoxylum planispinum, encore un autre espèce de poivrier de Sichuan.
  • Zanthoxylum armatum, est communément appelé lui, le poivre du Timut, une espèce proche du poivre du Sichuan mais dont les baies sont plus citronnées et aromatiques. Certains le disent synonyme du précédent.
  • Attention enfin à ne pas assimiler tous ces faux-poivriers au Schinus molle, de la famille des Anacardiacées, un autre faux-poivrier appelé aussi poivrier péruvien ou sauvage. Ce petit arbre peu rustique chez nous apprécie soleil et chaleur. Son port est pleureur, son feuillage finement découpé et persistant et les grappes de baies roses qui l’illuminent sont en réalité ce que l’on appelle communément le poivre rose.

Au fil des saisons

A l’agenda, une belle découverte et une magnifique opportunité :

Le 14 janvier prochain à 15h (9h Eastern time au Canada), une conférence donnée par Jean-Martin Fortier, est à écouter bien au chaud chez vous, derrière votre ordinateur. Voici une occasion unique de rencontrer ce spécialiste canadien reconnu dans le monde entier pour son expérience de plus de 20 ans, concernant la production maraîchère bio-intensive à petite échelle.

Le mois dernier dans les News de décembre 2024, je vous tirais d’ailleurs son portrait, à l’occasion de la sortie d’un de ses livres qui traite du maraîchage en hiver. Vraiment intéressant pour tous ceux qui cultivent un potager.

Cette conférence est une proposition de l’Institut jardinier-maraîcher fondé par l’auteur. L’occasion aussi de découvrir les cours de formation en ligne proposés tout au long de l’année.

A ne pas manquer !

Participation gratuite au webinaire et inscription :

Pour d’autres bons plans du jardin, rendez-vous :  www.fwhnet.be/au-fil-des-saisons

Who is who ? Le charme d’Adam, c’est d’être à poil …

Les dendrologues le savent, le racontent et le commentent.    

Comment faire la différence entre le hêtre et le charme ? Pas toujours évident ! Surtout quand ils sont utilisés en haies. Ces deux arbres à feuillage marcescent, – qui reste desséché sur la plante parfois jusqu’à la fin de l’hiver -, forment un bel écran visuel en toutes saisons et se ressemblent. Pourtant le charme, Carpinus betulus, et le hêtre, Fagus sylvatica, n’appartiennent pas à la même famille, le premier aux Betulacées et le second aux Fagacées. Les différences sont en réalité des questions de détails :

  • Le hêtre conserve plus de feuilles en hiver, le charme débourre plus vite au printemps, 2 à 3 semaines plus tôt.
  • A l’automne, les feuilles du hêtre virent au brun et celles du charme au jaune.
  • Leurs troncs sont lisses et gris ; celui du hêtre est presqu’argenté et marqué de légers sillons horizontaux ; celui du charme est bosselé (il fait des vagues) et veiné de quelques rayures verticales.
  • Les fruits du hêtre, des faînes logés dans une enveloppe épineuse diffèrent de ceux du charme, des bouquets de graines ailées.

Cela dit, pour les distinguer facilement, il y a un truc ! Regardons les feuilles. Leur forme est assez proche mais celle du charme est plus petite, avec des nervures plus profondes et des bords dentés alors que celle du hêtre a un bord lisse, ondulé et surtout poilu… Bref,                                                               

  • La feuille du charme a des dents
  • Celle du hêtre a des poils

Le charme d’Adam, c’est d’être à poil …

Facile non ?

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